.:.Chronique.:.

Pochette

Flotel

Wooden Beard

[Expanding Records/Chronowax::2005]

|01 Carry Water, Chop Wood|02 Karass|03 Sorrel Sea|04 Laurentine|05 Fold Up And Put Away|06 Tangram|07 Whispering City|08 Locus Solus|09 99 Levels Of Undo|10 Amused To Death |11 A New Version Of Now|12 Wooden Beard|

J’avoue avoir un faible pour le label londonien Expanding. Je dirais même à avoir une certaine complaisance. Oui, je sais, ce n’est pas bien. Pourtant cette histoire d’amour n’a commencé qu’avec le disque de Cathode (Special Measure) sorti l’année dernière. Les références précédentes m’avaient un peu laissé sur ma faim, faisant même l’impasse sur le très prolifique Benge. Les choses rentrent donc dans l’ordre et on peut donner enfin la place qu’il mérite au label Expanding. Et d’ailleurs comment ne pas tomber sous le charme avec un disque comme celui de Leigh Toro aka Flotel ? Sans âge et flottant, Wooden Beard ne se démarque sans doute pas par son manque de mélodie mais il détient une capacité apaisante des plus remarquables. C’est le voyage introspectif par excellence qui nous est proposé ici, là où rien ne va venir nous brusquer, là où seule la musique timide et cristalline de Flotel est maître à bord. Le monde peut alors s’écrouler, on restera dans cet état de béatitude avec une indifférence sans nom.

Wooden Beard est vraiment le genre de disque pour fainéant absolu. Une anesthésie totale qui annihile toute volonté du moindre effort. Ca risque d’en intéresser du monde. On se demande si, justement, L.Toro ne vit pas sur une de ces mers de tranquillité, monde inerte où tout bruit est inexistant. Pourtant le Britannique est bien de ce monde mais il nous permet de nous transporter vers un ailleurs qui hante les plus profonds de nos rêves. Sachez bien que ce n’est tout de même pas donné à tout le monde. Ici l’abstrait se confond avec le contemplatif tout en donnant des connotations un peu japonaises. On se laisse ainsi bercer par la légèreté et les formes curieuses qui sont le lot de la musique de Flotel. Le temps n’a plus vraiment d’importance et pour tout dire on ne le voit guère passer. Si ce disque tend à nous rendre complètement amorphe, il nous restera suffisamment de volonté pour appuyer de nouveau sur la touche play.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 21-05-2005

A voir également :

http://www.expandingrecords.com

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