.:.Chronique.:.

Pochette

Hauf, Boris

Soft Left Onto Westland

[Mosz/Metamkine/Wave::2005]

|01 Trucker's Hitch|02 Waste Management Business|03 Dust|04 Annie's Little Tin Devils|05 Kimberey Jone's Dancers And The 8 Movie Stars Who Worked In A Gas Station Or Garage|06 Gerry|07 Put The Man Back In Romance|08 Tacoma Narrows Bridge|09 Soft Left Onto Westland|

Le minimalisme électronique se mord la queue. C’est du moins ce que l’on peut constater. Ayant beaucoup de mal à se renouveler, ce genre ne nous propose souvent que des copies fidèles sans pour autant sombrer dans la médiocrité. Il n’a plus grand-chose à dire ou à montrer. Ne reste alors que l’application dans le travail. On joue sur les formes, sur la beauté, sur les sons en espérant que notre motivation reste intacte. L’overdose n’est pas encore au rendez-vous mais déjà un petit goût amer vient s’inviter. La musique électronique fait du surplace et personne ne semble être en mesure de donner un coup de fouet salvateur à un genre qui ne surprend plus. Et pourtant, pourtant, de bons disques, il y en a. Prenons celui que vient de sortir Boris Hauf. Un disque à la beauté lunaire, mélodieux, petit glaçon aux effets apaisants. Cet anglo-allemand, déjà responsable d’une discographie fournie qui s’étale sur des labels aussi pointus que, entre autres, Staalplaat, Charizma, Mego ou Grob, n’a pas son pareil pour délivrer des morceaux à la luminosité confondante. Boris Hauf est un vétéran, un de ceux qui ont vécu l’âge béni d’une électronica qui donnait enfin ses lettres de noblesse à la musique techno. A croire que faire de bons disques ne suffit plus vraiment.

Je suis peut-être un peu aigri. Sans doute parce qu’il y a longtemps qu’un disque n’est pas venu enflammer mes tympans de façon définitive. Ce nouvel album de B.Hauf ne démérite pas en se portant au-dessus de bien des têtes mais, encore une fois, le sentiment abominable de tourner en rond surgit. Reste alors la simple beauté de la chose. C’est bougrement efficace et on peut aisément se laisser porter. Il est certes loin le temps où l’on pouvait s’enflammer pour Ryioji Ikeda ou les premiers disques de Pan Sonic (qui portait encore le nom de Panasonic) mais Soft Left Onto Westland est comme une résurgence de cette période bouillonnante. La nostalgie ne devrait pas prendre le pas comme cela. On pourrait prendre ça pour un genre de combat d’arrière-garde. Ce n’est pas le cas. Ce disque se doit d’être accueilli de la meilleure des manières même si on sait pertinemment qu’il ne changera pas la face du monde musical. En ces temps de disette ne soyons pas trop exigeants.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 10-05-2005

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