.:.Chronique.:.

Pochette

Gasman, The

The Grand Electric Palace Of Variety

[Planet Mu/La Baleine::2005]

Il fut un temps où la Belgique était La Mecque pour tous les aficionados de la musique techno. Aujourd’hui cette fièvre électronique s’est estompée et les Belges sont un peu passés à autre chose. Cependant le souvenir de cette période féconde est restée dans le souvenir de bon nombres de gens dont Chris Reeves aka The Gasman. En même temps cette double galette est aussi une réminiscence de ce qui se faisait en matière de musique électronique au début des années 90. Une musique spontanée, qui n’avait pas forcément vocation à s’intellectualiser et connaissait un bon fond populaire qui avait su bousculer la morosité ambiante. Pendant près de deux heures et demi C.Reeves nous assène ses petites mélodies synthétiques aux sonorités datées et quelque peu cheap. Cela donne un petit brin nostalgique qui n’est pas forcément pour déplaire. Malgré son caractère anachronique ce double album possède toute la palette du bon goût électronique. Nous ne sommes pas loin du sans fautes.

Pourtant ingurgiter d’une traite tout ce disque paraissait être une gageure quasiment impossible à surmonter sans ressentir une petite overdose. Malgré quelques facilités et quelques longueurs The Grand Electric… passe comme une lettre à la poste, variant les morceaux naïfs avec l’électro-dark en passant par du breakbeat du plus bel effet et qui possède cette bonne petite dose de folie qui sied à ce genre. C.Reeves est un exécutant hors pair. S'il réussit à imposer son intelligence mélodique c’est pour mieux servir son apologie d’une musique électronique qui aujourd’hui ne subsiste que chez les bientôt trentenaires. Je me sens vieux tout à coup. Il serait trop facile de verser dans le « c’était mieux avant ». Ce n’est pas parce que C.Reeves revient à des recettes éprouvés qu’il faut conclure à la va-vite. Certes ce double album est de bonne facture, sans trop de déchets, même s’il n’apporte rien de neuf. On restera sur cette idée que l’on passe un long moment agréable pendant lequel il serait incongru de se poser des questions futiles. Ce disque se suffit à lui même et il n’y a pas à chercher plus loin.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 03-05-2005

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