.:.Chronique.:.

Pochette

Funeral Diner

The Underdark

[Alone Records::2005]

|01 Decline|02 Collapsing |03 We Become Buried|04 It Is Good That We Never Met|05 Two Houses|06 What Was Said|07 Regardless, We Fall|08 We All Have Blood On Our Hands|

Nouvel album pour les Californiens trop émotifs de Funeral Diner. Ce qui est intéressant avec ce groupe, c’est de constater que depuis l’arrivée de leur nouveau chanteur ils ont complètement changé leur façon de jouer. Auparavant on les taxait facilement de groupe fondateur de l’école screamo américaine, mais depuis leur virement de bord certains n’hésitent pas à leur coller l’étiquette de groupe suiveur en manque d’inspiration. C’est assez injuste finalement car leur seul véritable tort a été d’adoucir leur style, de jouer plus rock tout en conservant une approche profondément screamo, au risque de ressembler à d’autres groupes, eux-mêmes inspirés par Funeral Diner. Ouais, c’est un peu l’histoire du serpent qui se mord la queue tout ça.

Pour ce nouvel album, pas de grande surprise, si ce n’est que l’ambiance est plus que jamais mélancolique, que les passages instrumentaux et posés sont plus étirés et soignés que par le passé et que quelques notes de clavier vraiment bien foutues font leur apparition. Une comparaison ? Envy. Sérieusement, c’est flagrant, tant au niveau des instrus que du chant. Le titre It Is Good That We Never Met (magnifique au passage) aurait pu figurer sur le dernier album des Japonais tant la façon de chanter, mi-criée mi-pleurée, est similaire. Même remarque pour cette guitare tout en arpège qui apporte cette dimension « japonisante » au titre. Bon finalement ce n’est pas une remarque négative, il y a largement pire qu’Envy comme comparaison, et tout compte fait ce Underdark se révèle nettement plus digeste que les derniers travaux des six enervés de Tokyo. Les passages calmes ne sont pas là simplement pour faire joli, ils aérent le tout et sont véritablement prenants ; de plus, malgré l’ambiance générale pas super joyeuse, on se surprend parfois à taper du pied, impossible de ne pas fingerpointer comme un abruti sur ce passage complètement tarré de Regardless We Fall.

Pas une claque, juste une belle surprise. Huit titres impeccables où rien ne dépasse, exécutés avec passion et sérieux. C’est peut-être ça finalement le défaut de ce disque : où est passé tout l’aspect urgent et rageur du screamo ? Certains diront sans doute qu'il s'agit d'un album mature, reste à savoir si quand on évolue dans ce style la maturité constitue un réel objectif ainsi qu'un gage de qualité…

note : 7

par johan, chronique publiée le 28-04-2005

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http://www.funeraldiner.com/

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