.:.Chronique.:.

Pochette

Haze, Jay

Love for a strange world

[Kitty Yo::2005]

Jay Haze n’aurait pas pu signer ailleurs. Kitty Yo lui va trop bien. Jay Haze fait de la musique suspecte, un concentré d’idées matérialisées sous différentes formes. Du hip hop à la techno en passant par des passages électroniques barrés et des mélodies rentre-dedans. Pourquoi Kitty Yo ? Parce que le label berlinois s’efforce de signer des artistes mutants, qui ne correspondent à aucun style et qui sont totalement à part. Jay Haze est l’un deux puisqu’il est trop difficile de trouver des mots qui vont parfaitement définir son œuvre. On peut tourner autour sans jamais approcher de trop près la démarche de l’artiste. Après avoir grandi en Pennsylvanie, il connaît la vie de rue à San Francisco et voit des amis mourir autour de lui. Pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté et pour enfin en finir avec les problèmes calamiteux, il décide un jour de partir en Europe, en laissant toute sa vie derrière lui. Arrivé à Berlin, il va commencer une carrière de dj qui va aller bon train. Il est même amené à travailler avec des labels et à collaborer avec Villalobos. Puis Kitty Yo le trouve et lui fait sortir ce « Love for a strange world », sorte de disque totalement décomplexé, dénaturé et tordu. L’ambiance générale est dure, expérimentale. Les sons créent une atmosphère lourde et anxieuse. L’album de Jay Haze n’est pas un disque qui vous arrive droit au cœur avec de petits messages d’amour et de paix. Non, cet album est le constat d’une vie difficile, racontée sous forme de musique électronique déstructurée non formatée.

note : 6.5

par dorian, chronique publiée le 25-04-2005

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http://www.kitty-yo.com

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