.:.Chronique.:.

Pochette

Daftpunk

Human after all

[Virgin::2005]

Daftpunk, que l’on ne présente plus, a décidé de s’en prendre à la télévision à l’occasion de leur troisième album. Auraient-ils dû lire Bourdieu plus tôt ? Peut-être, mais après tout, nos robots sont bien humains. Et qui dit humain dit erreur. Ce « Human after all » n’est pas une erreur bien qu’il puisse faire douter à ses premières écoutes. Ou du moins, ce n’est pas une grosse erreur. Le monde attend trop de Daftpunk. Qu’on les aime ou non, ils sont des génies qui ont défoncé des portes pour amener des artistes français sur tous les continents. Ils sont ceux qui ont renouvelé le sample, ceux qui ont exporté la France, ceux qui ont sorti l’un des clips les plus marquants de ces dernières années (« Around the world »), et ceux qui ont surtout fait « Homework » et « Discovery ». Respect donc aux deux robots parfaits qui assument maintenant leur part d’humanité.

Ce troisième album est un disque répétitif, basé sur des boucles qui se répètent à l’infini sans beaucoup de variations. Ces boucles sont réussies, mais elles sont sûrement trop longues. Les structures des morceaux sont basiques et parfois épuisantes ; néanmoins quelques titres forts se détachent : « Robot Rock », « Human after all », « Make Love » et la jolie balade « Emotion ». Il y a aussi « The prime time of your life », « on/off », « television rules the nation », « the brainwasher”. On comprend donc que tous ces titres sont en relation avec le nouveau discours des Daftpunk : la télévision, c’est mal. Eh oui, ce n’est pas nouveau, la télé vous anesthésie, et pendant que vous êtes affalés devant, vous ne pensez forcément pas à aller faire la révolution.

La question est : Les Daftpunk ont-ils composé cet album dans le but de critiquer cette télévision ? Dans ce cas, on peut comprendre ces structures répétitives et ces boucles. Ou est-ce que les Daftpunk ont adapté un discours, une sorte de concept à leurs chansons vite bouclées ? Question à laquelle personne ne répondra puisque les deux intéressés ont refusé de s’adresser à la presse. Alors cet album mérite-t-il plus d’attention s’il a été composé comme une sorte de message subliminal ? Cette réponse est en votre main. Ceux qui ont trouvé ce disque nul dès les premières écoutes pourraient s’interroger. Ceux qui l’ont trouvé génial pourraient également s’interroger. Finalement on demande beaucoup trop aux Versaillais, car si deux nouveaux musiciens étaient arrivés avec un single aussi fort que « Robot Rock », on aurait tous parlé de petits génies (malgré le sample très facile). Daftpunk ne noircit pas sa carrière mais ne semble pas être en mesure d’avancer si vite qu’auparavant. Si vous avez du mal à finir le disque en entier, sautez directement à l’excellent « Emotion ». 6.57 minutes d’émotion qui vous rappelleront la victoire de Nolwenn ou le départ de Georges-Alain…

note : 7

par dorian, chronique publiée le 21-04-2005

A voir également :

http://www.daftpunk.com

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