.:.Chronique.:.

Pochette

Bright Eyes

I'm Wide Awake, It's Morning

[Saddle Creek / Pias::2005]

|01 At The Bottom Of Everything |02 We Are Nowhere And It's Now |03 Old Soul Song |04 Lua |05 Train Under Water |06 First Day Of My Life |07 Another Travelin' Song |08 Land Locked Blues |09 Poison Oak |10 Road To Joy |

A croire que sortir deux albums coup sur coup n’est pas une mauvaise idée, l’un des deux est toujours magique. C’est le cas de Devendra Banhart et maintenant de Bright Eyes. Le nouvel album I’m Wide Awake, It’s Morning est tout simplement grandiose. En plus, Conor Oberst commence à devenir outre-Atlantique une sorte d’icône sur le dos de laquelle beaucoup d’espoirs sont portés. Pourquoi ? Eh bien parce qu’Oberst écorche des textes poignants et cruels avec une voix alcoolisée toujours au bord de la rupture, fragilise des mélodies légères sur sa guitare qui semble s’être traînée sur toutes les routes des Etats-Unis. Quand alors le groupe est augmenté de l’angélique voix d’Emmylou Harris sur “Land Locked Blues” ou que des douceurs de trompette viennent parfumer les morceaux, c’est une idylle en cristal.

Ne poussons pas le vice jusqu’au génie, mais poussons le au moins jusqu’au remarquable. Alors que Digital Ash In A Digital Urn était trop produit, I’m Wide Awake, It’s Morning correspond à cette ambiance que recherche le songwriter, c’est-à-dire des morceaux qui pourraient être des pans de papier décrépi dans une petite salle à la lumière tamisée, avec dedans, juste lui et nous. C’est un album du petit espace pas très propre, donc forcément très intrigant. C’est la musique d’une Amérique qu’on aime tant. Des recueils comme “Lua”, “First Day Of My Life” ou le final tout en somptueux éclats “Road To Joy” sont des incontournables, des petites pierres à peine polies. Bright Eyes prend une dimension qu’on ne soupçonne pas vraiment ; c’est assez singulier, parce que jamais on ne pourra dire que c’est exceptionnel, mais souvent on pourra en dire du bien. Le folk est ici déguisé de son plus beau costume, celui d’une sorte de pudeur sonore, celui qu’on ne remarque pas à la première écoute, mais qu’on découvre allègrement petit à petit, parce qu'il a de la profondeur.

note : 8

par Vivien, chronique publiée le 21-04-2005

A voir également :

http://www.saddle-creek.com/bands/brighteyes/

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