.:.Chronique.:.

Pochette

Baker, Aidan

At The Base Of The Mind Is Coiled A Serpent

[Le Cri De La Harpe::2004]

|01 Khiondhecwi (Animator)|02 Oki Andaerani (Demon)|03 Endionrra (Reasoner)|04 Gonennoncwal (Desirer)|05 Esken (Bone-Dweller)|

Posons-nous un peu. C’est parfois ce qu’on se dit lorsque les choses nous échappent. Quand on est à la limite de l’explosion il est utile de s’arrêter. Un disque comme celui de Aidan Baker vous aide à vous remettre les idées en place. Aidan Baker. A priori un illustre inconnu. A priori seulement. Si le monsieur sort ici un disque sur la structure confidentielle Le Cri De La Harpe, il a, ces dernières années, multiplié les projets et les productions sur différents labels. Et il faut bien dire que A.Baker a été plus que prolifique. En dehors de ces nombreux albums solo, ce multi-instrumentiste a aussi collaboré avec le collectif ARC, Mnemosyne, Nadja et a également composé pour The Penderecki String Quartet et The Uxbridge Chamber Choir. Baker a pris pour habitude d’explorer les arcanes de la guitare électrique dans tout ce qu’elle peut offrir en effet sonores déstructurés. At The Base… reste toujours dans cette optique expérimentale même si on s’oriente ici un peu plus vers l’ambiant. Si l’on s’en tient à ce disque on pourrait croire que Baker est l’un de ces adeptes de Manuel Götsching. C’est possible après tout. En tout cas les longues nappes de guitares du Canadien nous font nous remémorer les planeries allemandes des années 70.

De cette mer de tranquillité, où le temps semble être suspendu, il apparaît difficile de se détacher. A la limite de l’hypnotique, ce disque conjugue tout ce que l’on peut aimer dans les musiques planantes. On y retrouve cette forme de répétition qui se perd en distorsion, un caractère complètement intemporel et une force qu’on ne soupçonne qu’à peine. Malgré son évidente mollesse At The Base… est un disque homogène et fort, qui atteint parfaitement son but et qui reste très loin des digressions baba cool et autres boursouflures néo-hippies. On se satisfait de cet album intelligent qui échappe à la caricature et en se faisant l’apôtre d’une certaine idée des formes sonores. Baker nous gratifie d’un disque apaisé et apaisant d’une beauté contemplative qui se révèle être d’une nécessité presque médicale. Il ne vous reste plus qu’à découvrir la discographie foisonnante du monsieur et il est fort à parier que cette nébuleuse soit tout aussi fascinante.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 13-04-2005

A voir également :

http://www.lecridelaharpe.com

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