.:.Chronique.:.

Pochette

Boris with Merzbow

04092001

[Inoxia Records::2005]

Non, non, non et non ! Merde, j’me serai pas un peu fait niquer en achetant ce skeud ?

Premier non : le prix. 35 dollars (port inclus), uniquement disponible sur le mailorder du label. Bon il paraît qu’au Japon les prix des vinyles sont incroyablement élevés, et en l’occurrence ils n’ont pas chié sur la qualité de l’objet : belle pochette noire brillante, heavy vinyl, etc… Le truc classe quoi. Mais tout de même, 35 dollars ça fait vraiment mal.

Second non : la qualité du son. Le vinyle a beau être ‘heavy’, un enregistrement live de merde reste un enregistrement live de merde. Ça sonne comme un bootleg enregistré à l’arrache avec un seul micro pourri, d’ailleurs ça doit être ça, je ne vois vraiment pas d’autre explication possible à un son aussi médiocre. En plus un type m’a expliqué qu’un enregistrement live, donc numérique, gravé sur un support analogique, le vinyle, n’est pas la plus géniale des idées. J’ai pas tout compris mais ça doit être vrai.

Troisième non : la performance de Merzbow. J’étais assez excité à l’idée d’écouter une collaboration live entre ces deux monuments japonais, et bien au bout de quelques secondes j’avais le gourdin qui retombait. En fait, j’ai un peu l’impression qu’il s’agit là de deux lives complètement différents, simplement superposés et le tout emballé dans un joli paquet. Finalement Merzbow reste fidel à son art, il exécute sa harsh noise comme il l’a toujours fait (avec talent et acharnement) mais en l’occurrence son travail parasite complètement la prestation de Boris. Curieusement d’ailleurs, ces derniers jouent essentiellement des titres de leur album Heavy Rocks, de loin le plus rock’n roll et le moins expérimental de tout leur registre. Du coup le groupe enchaîne tubes sur tubes mais on a l’impression d’écouter un concert de punk rock en plein cœur d’une sidérurgie. Des compos issues de Absolutego ou de Amplifier Worship auraient été plus logiques pour un mariage harmonieux avec les bidouillages de Merzbow.

Quatrième et dernier non, et là c’est plus ou moins en rapport avec le premier : la rareté assumée et revendiquée de ce disque par le label. Boris est actuellement un groupe qui cartonne, notamment grâce à Stephen O’Malley qui réédite leurs disques sur son label (Southern Lord) et qui signe leurs artworks. De plus, Boris est touché par le terrible virus du « on couche le moindre de nos enregistrements sur des disques limités à 500 exemplaires qui s’arracheront sur eBay à 200 dollars », un groupe comme Sunn O))) est également touché par ce syndrome, et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les deux groupes vont partager quelques dates très bientôt en Europe.

Bref, c'est pas un disque pareil qui risque d’attirer du monde sur les dates de la tournée européenne de Boris. Heureusement pour eux, la rareté de ce disque ne fera peut-être douter qu’une petite poignée de fans prêts à se faire entuber de 35 dollars pour posséder un disque aussi mauvais que rare. Esperons tout de même que Dronevil, le nouvel album du groupe à paraître ces jours-ci, relèvera un peu le niveau de ce bout de plastique inutile.

note : 2

par johan, chronique publiée le 18-03-2005

A voir également :

http://www.inoxia-rec.com/

?>