.:.Chronique.:.

Pochette

Aether

Se perdre : contre

[Ethylen Records- Chronowax::2005]

|01 Fin/Début - 7.30|02 Délier - 6.23|03 Turn - 4.41|04 Sept Nuances De Blanc -7.01|05 Silence- 5.57|06 Ce Qui Est Hors De Moi - 3.24|07 La Peur à L'Air - 6.27 |08 Sunshine- 4.28|

Comment chroniquer un ami sans avoir l’air trop motivé ? En vous disant qu’écouter Aether c’est de vous brancher avec votre inconscient. C’est de faire un pas vers les frontières, celles entre le silence et le bruit comme dirait l’autre, entre le conscient et l’inconscient, là où la musique anesthésie l’égo et les complexes. Si je vous disais d’avant-garde, on serait perdu, et si je vous disais post-punk, ça servirait à rien. Pourtant Se perdre : contre est un titre résolument anti-, et tout le disque peut-être une variation subtile sur la mort. En tout cas La peur à L’Air, titre du morceau 7 est une belle paraphrase pour un suicide à arme à feu ; on aurait pu demander à Hunter S. Thompson ce qu’il en pensait, lui aussi familier d’un aether psychotrope.

Alors certes le suicide reste symbolique ici, ce n’est qu’un disque, mais le désir de toucher à l’infini lui est bien réel et transparaît entre les notes en même temps qu’entre les lignes de chant. Car il semble que pour Aether les notes, qu’elles aient une source électronique ou organique, et les voix soient plus les adjuvants d’une élévation sensible que la déclaration d’un style. La musique d’Aether est une recherche d’harmonie : la voix féminine et cristalline de Lidwine ne prend sens qu’en rapport avec le phrasé grave et rassurant de Darom, et leurs voix, toujours en demi-teinte agissent en nous comme pourrait se mêler visuellement la fumée de deux cigarettes, en évoquant des formes fugitives mais éternelles. Pour ce qui est des notes, la dose de création électronique ne prend sa valeur que dans le dialogue qu’elle entretient avec le jeu organique et réciproquement. Mais qu’on le sache, la musique d’Aether n’est pas une musique de solistes, elle expose sur tous les murs de la pièce plutôt, en bouleversant les perspectives traditionnelles.

Pour ma part, je rangerai Aether parmi la hiérarchie supérieure de mes disques, en gardant en tête que c’est le genre de disc à l’écoute duquel votre compagnon aura envie de vous dire « Je t’aime », sans qu’elle/il sache vraiment pourquoi, et à vous de rêver.

note : 9.5

par tao, chronique publiée le 10-03-2005

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