.:.Chronique.:.

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Marsen Jules

Herbstlaub

[City Centre Offices/La Baleine::2005]

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Marsen Jules est le nouveau pseudo de Martin Juhls. Enfin nouveau, c’est vite dit puisque sous cette dénomination M.Juhls a tout de même sorti deux albums sur le net label Autoplate(Yara et Lazy Sunday Funerals). Comble du bonheur ces deux albums sont téléchargeables gratuitement soit à partir du site de Marsen Jules soit sur celui d’Autoplate. Des initiatives comme celles-là ne sont pas si fréquentes mais elles ont permis à Marsen Jules de se faire connaître du label City Centre Offices. Ce troisième album aura donc une existence sur un circuit plus traditionnel. Par contre il serait bien idiot de ne pas jeter une oreille sur les deux premiers efforts de Marsen Jules car si ils préfigurent la présente galette, ils sont d’une beauté crépusculaire équivalente. Une musique éthérée, lente, brumeuse et intemporelle qui presque faire rappeler le premier disque de Klaus Schulze (Irrlicht) mais la filiation est sans doute à mettre en rapport avec des gens comme Gas, Arvo Pärt, Alberto Iglesias, toute cette mouvance qui se partage entre le néo-ambiant et la musique contemporaine minimaliste du Grand Nord.

Herbstlaub est un disque automnale dont le titre ne laisse aucun doute à tout germanophile. Marsen Jules développe des nappes électroniques qui sont comme des vagues qui viennent s’échouer sur le sol avec sérénité. Cette apologie de l’apaisement se distingue par une fluidité à toute épreuve. Notre homme, que l’on connaît aussi sous les pseudos DJ Krill.Minima et Falter, nous fait pénétrer dans son intimité et de cette approche complice on a envie de partager avec lui ce petit moment de solitude. Martin Juhls, dans ses choix, est bien l’un des dignes héritiers du romantisme à l’allemande. Le spleen y est permanent et on s’en imprègne d’autant plus facilement puisque c’est volontairement qu’on suit Marsen Jules dans cet univers introspectif. Herbstlaub est certainement l’une des petites surprise de ce début d’année, à cent lieux des convenances et des modes. Marsen Jules a oublié de prendre le train en marche et préfère se perdre anonymement dans un crépuscule naturaliste et d’un autre temps. C’est plutôt tant mieux.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 01-03-2005

A voir également :

http://www.marsenjules.de

http://www.city-centre-offices.de

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