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Pochette

Amon Tobin

Splinter Cell 3: Chaos Theory

[Ninja Tune / Pias::2005]

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Après avoir envahi l’industrie du cinéma, les bandes sonores vont s’attaquer aux jeux vidéos. Pour l’instant, on était habitué soit à des bandes bruitistes informes soit à des compilations pâlichonnes de morceaux plus ou moins connus. Avec Amon Tobin, la bande sonore de jeu vidéo va entrer dans une nouvelle dimension. En effet, l’immense producteur brésilien, figure de proue du label Ninja Tune, vient de composer intégralement la BO du nouveau Splinter Cell 3 : Chaos Theory. Autant prévenir d’avance, si le jeu est décevant, ce ne sera pas à cause de la musique. Cet album est un petit bijou électronique. Le choix d’Amon Tobin n’est pas une coïncidence, parce que la musique du producteur se rapproche de ce qu’on pourrait attendre d’un jeu où doivent régner suspens et tension. Totalement instrumentaux, les morceaux plongent dans un univers où le pouls s’accélère, où tourner au coin d’une pièce devient risqué, où la prudence devient l’arme maîtresse et la confiance en soi la seule certitude.

Il faut espérer que les programmateurs aient trouvé une bonne combinaison entre le jeu et son support musical. La BO s’ouvre sur “The Lighthouse”, un des meilleurs morceaux d’intro jamais entendus, tant la basse est pesante, l’ambiance insoutenable, ce qui renforce la sensation d’être toujours sur la corde raide, un funambule jouant avec la mort. Ce Chaos Theory alterne les morceaux à l’atmosphère sombre et jamais tranquille (“Kokubo Sosho Stealth”, le magistral “Hokkaido”) avec ceux dont la batterie devient un baromètre de la tension et du danger de la situation (“Ruthless”, “Kokubo Sosho Battle”, “El Cargo”). Amon Tobin, sans changer son style, réussit le pari de produire une musique qui sait aussi bien se satisfaire seul que servir de support. D’autant plus que ce support s’avère décisif dans cet univers de rupture où chaque pas doit être réfléchi, chaque souffle haletant mesuré. C’est dans la fibre du Brésilien à cette différence qu’il replonge plus dans ses productions d’antan, mais comme il sait tout faire, ce n’est pas gênant.

note : 7.5

par Vivien, chronique publiée le 16-02-2005

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