.:.Chronique.:.

Pochette

Pan Sonic

Kesto (234.48:4)

[Mute::2004]

Icône de la scène électronique cérébrale Pan Sonic n’a jamais cessé d’étonner depuis ses débuts en 1994. Le trio puis duo (Sami Salo s’étant perdu en chemin) a connu toutes les éloges que l’intelligentsia musicale puisse offrir. Depuis leurs premiers pas sur le label Sähkö Pan Sonic n’aura jamais cesser d’étonner un public à chaque fois plus nombreux. Une fois encore le groupe arrive à dépasser l’entendement avec ce quadruple album. Ce petit coffret dévoile toutes les facettes de Pan Sonic allant de son côté le plus accessible jusqu’à son visage le plus sombre. Les deux premiers cd sont relativement classiques et proches de ce que l’on a déjà pu écouter de « Kulma » jusqu’à « Aaltopiiri ». Les rythmes y sont donc brefs, répétitifs et pour le moins accidentés. Encore une fois Pan Sonic se veut assez familier avec l’univers de la musique industrielle. Ce n’est sans doute pas pour rien que plusieurs morceaux sont dédicacés à Throbbing Gristle, Charlemagne Palestine, Suicide ou Keiji Haino. Pan Sonic s’oriente donc vers une musique assez rigide, jamais loin d’être déshumanisée et qui lorgne parfois vers le bruitisme. N’allez surtout pas parler de concept aux deux hommes ce mot n’est même pas dans leur vocabulaire. Il n’est pas question de théoriser quoi que ce soit. Ici tout est fait à l’instinct, la musique vous prenant au corps jusqu’à ne plus vous lâcher.

Les deux cd suivants ont une autre optique. Le troisième cd propose une musique qui mélange discrétion et furie sonore comme pour mieux les opposer. De loin le plus expérimental des quatre ce disque est sans doute le plus intéressant car le plus dérangeant. Véritable exploration post-industrielle ce troisième chapitre ne connaît pas l’homogénéité et plonge allègrement dans les abysses. Sûrement à considérer comme le plus difficile des quatre ce disque est assurément celui qui va le plus loin.

La quatrième galette est comme un long épilogue. Composé d’une seule pièce dédiée à Charlemagne Palestine elle n’est qu’une plage ambiant qui s’écoute religieusement et qui se module sur des tons caverneux et sombres. Ce disque est certainement le moins intéressant du coffret de part son aspect monolithique cependant il permet de finir ce marathon de près de quatre heures avec sérénité. Pan Sonic ne signe sans doute pas là sa meilleure réalisation, pourtant celle-ci marque parfaitement une première décennie qui fut des plus remplies. Toujours aussi radicaux les deux compères nous offrent un coffret qui est à l’image de l’esprit qu’ils ont insufflé à leurs réalisations tout au long de ces dix années d’existence. Pan Sonic est devenu à la force du poignet un groupe majeur qu’il serait abscons de minimiser son influence sur la musique électronique moderne.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 02-02-2005

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