.:.Chronique.:.

Pochette

Henriksen, Arve

Chiaroscuro

[Rune Grammofon::2004]

|01 Opening Image|02 Bird's-Eye-View|03 Chiaro|04 Holography|05 Blue Silk|06 Parallel Action|07 Circled Take |08 Scuro|09 Time Lapse|10 Ending Image|

Arve Henriksen avait enchanté son petit monde en 2001 avec « Sakuteiki », album électro-novo-jazz à la froideur bien nordique. Il nous revient avec un « Chiaroscuro » qui est dans la même veine que son prédécesseur. Petite nouveauté cependant : sur « Sakuteiki » A.Henriksen était seul, ici il est entouré de Jan Bang (sampling) et de Audun Kleive ( batterie & percussions). De même il fait intervenir le chant pour la première avec un certain succès. Ce jazzman ultra-reconnu en Norvège et, à fortiori, de cette nouvelle vague du Grand Nord, est aussi à l’initiative des projets Food et Supersilent qui sont également édités par Rune Grammofon. Vous comprendrez ainsi qu’il est assez malvenu de dire du mal d’A.Henriksen. Pour qu’il y ait matière à le faire il faudrait déjà qu’il y ait de quoi en dire. Manifestement le parcours du trompettiste est sans faille. Avec « Chiaroscuro » poursuit dans cette orientation glacière et contemplative. Ce mélange de jazz et d’électronique est un peu comme une marque de fabrique, un identifiant qui permet de situer spontanément sur une carte l’origine de la musique d’A.Henriksen.

Ce nouvel album, comme tous les autres d’ailleurs, est comme un défi au temps. Cette approche atmosphérique est un appel à l’introspection, à se laisser porter par un léger souffle polaire et se laisser vivre avec la plus prompte des désinvoltures. Dès lors une seule envie vous traverse l’esprit : prendre vos vieilles bottes en peau de yak, une grosse doudoune, bref de quoi passer un temps hivernal rigoureux et aller vous perdre dans les steppes nordiques en hurlant de bonheur comme un damné. Ce pur instant de bonheur est pourtant un peu en dessous de celui qu’on avait prouvé en écoutant « Sakuteiki ». Si l’impression de redite est parfaitement atténué par l’apport de J.Bang et de A.Kleive, on ne peut s’empêcher de penser que ce disque ferait presque preuve d’un certain classicisme. Mais ne boudons pas notre plaisir. « Chiaroscuro » est d’une maîtrise tout à fait digne et saura en envoûter beaucoup. « Chiaroscuro » c’est juste un instant d’éternité.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-01-2005

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