.:.Chronique.:.

Pochette

Prefects, The

Amateur Wankers

[Acute Records/Chronowax::2005]

|01 Faults|02 Escort Girls|03 Going Through The Motions|04 Things In General|05 Barbarellas|06 Total Luck|07 625 Lines|08 Agony Column|09 Bristol Road Leads To Dachau|10 VD|

Alors que pour certains le punk était déjà mort pour d’autres il ne faisait que commencer une longue agonie. C’est en 1976 que s’est formé The Prefects groupe quasiment oublié de tous, à l’exception du label Acute, mais ce n’est qu’en 1977 que sortent les premiers enregistrements de la formation. Alors que les Sex Pistols ne commencent plus qu’à être l’ombre d’eux même et qu’ils sombrent dans la caricature, la plupart des autres groupes prennent leur envol et signent des contrats d’éditions que ce soit avec des majors ou des labels indépendants naissants. The Prefects préfigurait ce qui allait devenir The Nightingales, avec Robert Lloyd et Alan Apperley, groupe qui fit les beaux jours de Rough Trade et de Cherry Red. De 1977 à 1979 The Prefects n’a pas enregistré grand chose. En tout cas ils avaient attiré l’attention de John Peel (paix à son âme) qui leur accorda deux sessions en 1978 puis en 1979. Un single suivra chez Rough Trade mais qui ne donnera jamais de suite. « Amateur Wankers » est donc la compilation de ces enregistrements qui malgré tout ont très bien traversé les affres du temps.

Si The Prefects n’est pas passé à la postérité comme un Buzzcocks, un Wire ou un Sex Pistols, c’est sans doute bien immérité. Immérité mais sans doute logique. The Prefects était sans doute l’un des seuls groupes punk qui s’aventurait sur des morceaux assez longs (« Bristol Road Leads To Dachau ») alors que le credo punk voulait s’inscrire dans une musique urgente et brève. De même que risquer de placer du piano et du saxophone ne devait pas sans poser quelques problèmes au public punk. Cependant The Prefects préfigurait bien ce qu’allait être le post-punk et l’orientation prise au début des années 80 par pas mal de groupes. Entre classicisme punk et esprit novateur, The Prefects n’a jamais bien su se situer mais il n’en demeure pas moins que les morceaux du groupe gardent une force encore réelle et qui feraient mourir d’envie tellement de groupes d’aujourd’hui. The Prefects n’aura jamais vu les 80’s, disparaissant au profit de The Nightingales, mais aura eu ce bonheur de tourner avec des groupes comme les Mekons, The Fall ou encore les Buzzcocks. Même si ce groupe peut faire figure de seconds couteaux, cette compilation prouve qu’ils sont un peu plus que des faire valoir et méritent un peu plus que l’oubli dont ils ont été victimes depuis si longtemps.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 21-01-2005

A voir également :

http://www.acuterecords.com

http://www.carparkrecords.com

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