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Autodigest

A Compressed History Of Everything Ever Recorded, Vol.2 : Ubiquitous Eternal Live

[Ash International/Cronica::2005]

Des bizarreries musicales j’en ai entendu ces quinze dernières années. D’ailleurs l’histoire de la musique est jalonnée de projets les plus farfelues et burlesques et ce n’est sans doute pas près de s’arrêter. Pour preuve ce nouvel album d’Autodigest, obscure formation dont on ne sait quasiment rien mais qui a entrepris de se démarquer en sortant des disques qui laissent la plupart du temps pantois, pour ne pas dire perplexe. Déjà leur premier album avait mis les nerfs à rude épreuve en compressant une multitude de sons musicaux pour en tirer une masse informe et noisy dont le but avoué était bien de déstabiliser. Ici encore on reste dubitatif. Cette deuxième expérience est la combinaison d’enregistrements de foules pendant des concerts. Ce disque est comme une longue acclamation d’une heure qui s’accompagne d’un souffle électronique qui, bien qu’il reste toujours en retrait, monte progressivement en puissance. On à l’impression, à l’écoute de ce disque, d’une sorte d’hystérie pure, de delirium de masse où l’on se complait dans des hurlements hallucinatoires et une bronca proche de la folie collective qui se poursuit jusqu’à une apothéose apocalyptique où un maître de cérémonie met fin à cette démonstration de force et de fureur.

« Ubiquitous Eternal Live » est un disque rude, très rude même. Au-delà de la tolérance qu’on arrive à avoir en écoutant ce disque on peut se demander quelle est l’utilité du propos d’Autodigest ? Ces derniers poussent leur logique jusqu’à l’extrême. Le thème de la série qu’ils ont entamé est la compression de tous types de sons ou de tout ce qui peut être enregistré. La musique en est rendu à être une affaire de masse qui touche tout le monde jusque, parfois, la plus complète des hystéries ou intransigeances. Après avoir compressé la musique il était logique de compresser ceux qui l’écoutent. Alors évidemment entendre des applaudissements et des cris qui s’apparentent plus à un délire psychotique cela peut surprendre et laisser place à une certaine incompréhension. Pourtant Autodigest n’est pas si loin de genres musicaux comme l’ambient. Au lieu d’utiliser des nappes discrètes le groupe se réfugie dans son extrême contraire, le bruit jusqu’à son paroxysme. Cependant, dans l’absolu, la mise en forme est la même : une ligne directrice qui évolue lentement et qui subit de légères mais précises modulations pour arriver à une sorte de maturité. Dans tous les cas, ce disque risque de provoquer des réactions épidermiques tant l’expérience sonore est forte et difficile à supporter.

note : 5

par Fabien, chronique publiée le 20-01-2005

A voir également :

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