.:.Chronique.:.

Pochette

Son Of Clay

The Bird You Never Were

[Komplott::2005]

|01 Bring Me Water Or Bread|02 The Colour Scheme|03 Forest On Paper|04 Vision Thing|05 Max Kristofer|06 The Rook|07 I Can't Make It Alone|08 First Snowflakes, Then Winter Fall|09 So Much Love I Can Take|

Deux ans après un album remarqué, « Faces Takes Shapes », Son Of Clay nous revient avec un nouvel album tout aussi abstrait aux intonations de musique contemporaine. Il n’est rien de dire que Son Of Clay ne fait pas dans la facilité puisqu’il module les formes sonores jusqu’à la plus totale déstructuration. Ce qui pourrait paraître comme des plus informe pour un auditeur lambda est pourtant bien d’une limpidité exemplaire. « The Bird You Never Were » est un album qui magnifie la clarté. Tout y est net et éclairant. Chaque pièce est comme un levée de soleil qui, bien que encore pâle, se reflète dans une multitude de miroir que forme la rosée du matin. « The Bird… » c’est un peu cela, un jeu de miroir dans lequel se renvoient des incarnations d’un flou volontaire qui permet de faire jouer à plein son imagination. Tout est alors permis. Vous pouvez imaginer cet « oiseau que vous ne fûtes jamais » et que jamais ne serez mais cette idée peut prendre ainsi dans votre esprit. Ce disque est donc fertile dans ses différentiations tonales et il sait garder une certaine discrétion et une retenue qui ne brusque jamais. Entre l’ombre et la lumière Son Of Clay joue ainsi d’une certaine ambiguïté. De ce clair-obscur on a bien du mal à se situer. Tout est alors affaire d’effort afin que l’on puisse s’orienter vers la lumière.

La direction abstraite de ce disque ne doit aucunement rebuter. Ces morceaux sont comme une altération du réel et il faut les prendre comme tel, sans a priori, sans préjugés. Il faudra également plusieurs écoutes afin de pouvoir apprivoiser « The Bird… ». C’est un petit voyage introspectif qui nous est proposé ici. Vous vous retrouvez seul avec la musique de Son Of Clay qui est comme une confidence que l’on glisse au creux de votre oreille. C’est un compagnon de route un peu particulier car il fait appel à des conceptions différentes de ce que l’on peut se faire de la musique. John Cage n’est alors jamais très loin, dans cette approche de rythmes brisés, à la lenteur apaisante. L’électronique côtoie des instruments comme la guitare ou la clarinette dans non pas ce qu’on pourrait appeler, dans un terme vague, une « musique nouvelle » mais une réminiscence d’une musique contemporaine qui ne vit que trop bien sa modernité. Son Of Clay confirme bien les éloges qui lui avaient été faites pour son premier album. C’est mérité.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 10-01-2005

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