.:.Chronique.:.

Pochette

Arcade Fire, The

Funeral

[Merge::2004]

|01 neighborhood #1 (tunnels)|02 neighborhood #2 (laïka)|03 une année sans lumière|04 neighborhood #3 (power out)|05 neighborhood #4 (7 kettles)|06 crown of love|07 wake up|08 haiti|09 rebellion|10 in the backseat|

Régulièrement placés parmi les meilleurs albums de l’année écoulée, The Arcade Fire font travailler les réseaux P2P européens de ceux qui n’ont pas eu la chance de trouver un import de ce fabuleux disque. Qu’ils se rassurent, Rough Trade, toujours à l’affût des bons coups, le sortira mi-février dans toute l’Europe, avec semblerait-il un inédit en plus. Ce serait dommage de rester avec des mp3 et de rater ce beau travail graphique ainsi que tous les crédits, et même les signatures des six membres du groupe sur la feuille booklet incluse. Tête pensante du groupe (avec sa femme Régine Chassagne) Win Butler est venu poser ses affaires à Montréal il y a presque cinq ans. Il a ensuite rencontré sa femme et petit à petit, toute la scène musicale de la ville. Le groupe s’est alors fait remarquer par leurs concerts et leur premier EP qui affichait déjà un énorme potentiel (EP maintenant quasi-introuvable). Quand on parle de Montréal on pense immédiatement à la galaxie Constellations avec ses Godspeed et autres Silver Mt Zion, Fly Pan Am, Do Make Say Think etc. Et il se trouve d’ailleurs que Sophie Trudeau, violoniste de GY!BE est présente à ces funérailles sur ‘Wake up’. ‘Funeral’ n’est pas là par hasard car il s’agit bien de pertes humaines et d’émotions extrêmes dont il est question ici. Des derniers cris de bouleversement avant de commencer le deuil. Les deuils. Car pendant l’enregistrement, plusieurs membres des familles du groupe s’éteignirent. (‘‘But sometimes, we remember our bedrooms, and our parent’s bedrooms, and the bedrooms of our friends. Then we think of our parents, well what ever happened to them ?!’’)

Au niveau musical, tous les titres vous explosent à la face. Ce disque possède différents degrés d’immédiateté. On a l’impression d’avoir fait le tour et de cerner les chansons mais une nouvelle écoute nous en révèle toujours d’avantage (‘Wake up’, ‘Haiti’ ou encore les quatre ‘Neighborhood’). Les compositions assurées essentiellement pas Win et Régine, ressemblent à du Jarvis Cocker qui aurait croisé Efrim Menuck. La production quant à elle, reste modeste et c’était la meilleure chose à faire. The Arcade Fire utilisent beaucoup d’arrangements, assurés pour la plupart par Sarah Neufeld, première violoniste du groupe, qui les suit même en concerts et il aurait été facile que le tout sorte boursouflé comme du Divine Comedy. Mais non rien n’est indigeste et tout se déguste à profusion. Win assure les voix (en anglais et parfois un peu de français) sur presque tous les titres, secondé parfois par sa femme. Comme sur ‘In the backseat’ qui clôture ces obsèques. Elle y parle du fait qu’elle préfère ne pas conduire et être sur le siège arrière de la voiture. Mais voilà Alice la conductrice est morte et il a fallu apprendre et faire l’effort de conduire à son tour. Ceci résume bien l’état d’esprit du disque : surpasser l’adversité et réussir à vivre et avancer malgré tout de façon magistrale avec cette rage et cette boule dans la gorge qui ne laisse passer que les cris de détresse et de souffrance ...

note : 10

par jean marc, chronique publiée le 07-01-2005

A voir également :

http://arcadefire.com/

http://mergerecords.com/

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