.:.Chronique.:.

Pochette

Godspeed You! Black Emperor

F#A# ‡

[Constellation::1999]

The Dead Flag Blues: Une grosse voix troublante amorce le premier morceau, très vite accompagnée par un gémissement de violon. Ca sent le drame. L'arrivée de guitares et de violoncelles rend plus glauque et plus tendue encore l'atmosphère. On entend un vieux train à vapeur démarrer: Commence alors la plongée dans l'abîmec S'en suit un retour à la surface, une bouffée d'air pur re-oxygène notre sang, tout redevient éclatant dès les premiers accords de la SlidecEt les cordes l'accompagnent incroyablement. Ce morceau finit dans un beauté magistrale.

East Hastings: Une voix nerveuse, tendue, angoissée prépare le morceau qui reste dans cet état d'esprit. On croit à un soulagement quand la corne muse arrive, mais pas pour longtemps, et le tourment reprend le dessus: La guitare pleure, le violoncelle fait tout pour la consoler. Il ne réussit pas et la batterie essaie de s'en charger, sauf qu'elle décharge cette douleur et la transforme en colère. Tous les musiciens s'entendent, et sans savoir comment ils font, mais telle une boule qui monte dans la gorge et qui se transforme en éclat de sanglot, en crise, ils se libèrent et explosent, dans une incroyable synchronisation. Et puis le calme revient, toujours dans un climat pesant comme après l'orage. Le tout très proche de la folie.

Providence: Ce morceau ressemble à un lever de soleil, au ralentit, en particulier le passage "Kicking Horse On Broken Hill": Des premières lueurs, des prémices de chaleurs, aux premiers rayons qui vont tout transpercer et tout éclairer, tout éblouir, tout réchaufferc Tout ça dans une montée extrêmement lente. La fraîcheur et la légèreté des premières notes vont doucement, escaladant de plus en plus, et puis explosion: les notes se font plus brutales; les guitares sont lâchées et c'est les roulement de batteries qui les déchaînent. Il y a un côté dramatique et "fin du monde" qui sort des cordes de Godspeed. Elles suscitent une étrange sensation, qui peut même provenir du fin fond de nos entrailles, et, en tout cas, nous emmène loin. Quand le morceau commence dans la finesse, aidé par la joliesse d'un xylophone, qui peut deviner qu'il finira, et sans changer d'esprit, par de brutales guitares?

Godspeed You Black Emperor ou le "nouveau rock"c Bluffant.

note : 9.5

par Juliet, chronique publiée le 25-09-2003

.:.L'avis des autres rédacteurs.:.

Fabien : avis du rédacteur
dorian : avis du rédacteur
Noémie : avis du rédacteur

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