.:.Chronique.:.

Pochette

Black Lung

The Grand Chessboard

[Ant Zen::2004]

|01 Autocratic Zeit Shift|02 The Zone Of Percolating Violence|03 Geostrategic Phantasmagoria|04 The Dilemma Of The One Alternative|05 The Multiple Contest|06 Despotic Heroic Diversion|07 Sickly Seratonin Squeeze|08 Nether Dominion Nor Exclusion|09 The Faux Bridgehead|10 Grandeur And Redemption|

David Thrussel, cet activiste paranoïaque, nous aura, depuis bientôt dix ans, abreuvé de ses productions que ce soit au sein de Soma, Snog, Veruschka ou le pseudo qu’il prend ici : Black Lung. Et c’est sans doute sous ce pseudo que D.Thrussel a été le plus productif, donnant le plus régulièrement possible de ses nouvelles. Sa volonté obsessionnelle de voir des complots un peu partout (en même temps c’est un peu sa marotte) a conduit notre homme une musique électronique hautement expressive. Cet énième album n’en est que plus révélateur. Ce disque a ici comme point de départ l’œuvre de Zbigniew Brzezinski, « The Grand Chessboard », qui traite de la « primauté américaine et de ses impératifs géostratégiques ». Inutile de dire que le point de vue de Z.Brzezinski est assez critique vis à vis des Etats Unis. Le fait que D.Thrussel s’y intéresse, le contraire eusse été étonnant, n’est pas vraiment un hasard quand on connaît ses penchants pour la contestation tout azimut. Alors quand on peut taper sur l’ogre américain, pourquoi s’en priver ? A vrai dire quand on voit les gens qui y sont actuellement au pouvoir on peut facilement comprendre le point de vue de Thrussel. De là à y adhérer il n’y a pas loin.

De ce fait cet album de Black Lung est pour le moins agressif. Chaque morceau est comme un martèlement qui se veut comme une agression à l’image de ce que serait la politique extérieure des Etats Unis. Un point de vue radical pour une musique radicale. Par certains moments on n’est pas loin de penser à une musique martiale qui tendrait vers les concepts totalitaires un comme à l’instar de ce qu’avait fait 300.000 VK (Laibach) sur l’album « Also Spracht Johann Paul II » : une musique technoïde brutale et hypnotique qui du fait de sa répétitivité n’en n’était pas moins le reflet d’une vision critique sans concessions et qui ne laisse place à aucune indulgence. Black Lung après tant d’années d’activisme n’est donc pas près de baisser la garde et manifestement il ne semble pas avoir épuiser toutes ces ressources. Quand ce sera le cas ce sera bien parce que notre bonhomme n’aura plus rien à dire. A priori c’est loin d’être le cas.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 29-12-2004

A voir également :

http://www.ant-zen.com

?>