.:.Chronique.:.

Pochette

Oxbow

Serenade In Red

[Ruminance::1997 (réédition 2004)]

Initialement sorti en 1997 ce disque est aujourd’hui réédité par le très audacieux label nantais Ruminance à qui l’on doit déjà de nous avoir fait connaître des groupes comme Chevreuil et Cheval De Frise. De plus ce n’est pas la première fois que Ruminance fait cet effort puisqu’en 2003 nous avions eu le bonheur de voir à nouveau disponible le « Let Me Be A Woman » paru à l’origine trois ans auparavant. Ce groupe qu’on peut facilement mettre dans la famille des Shellac et autres Fugazi a toujours cette réputation de groupe intransigeant, qui ne fait jamais dans la demi mesure et qui est toujours sur la corde raide. Ce cinquième album est comme ses prédécesseurs, sous tension permanente. Souvent proche de l’apoplexie, les membres d’Oxbow savent jouer avec nos nerfs en utilisant ce rythme lancinant et tout en distorsion. On pourrait presque parler de non-rythme ou de pilonnage sonore car chaque riff de guitare, chaque moment de batterie ou de basse est comme une répétition brutale qui se prend comme une douleur violente. C’est comme si on recherchait un point de rupture. On s’y attendrait presque d’ailleurs. On a toujours cette impression que le groupe est tellement sous pression que tout va imploser. Pourtant Oxbow tient bon et entretient ce sentiment de malaise obsessionnel. Le pire c’est qu’on aime ça. Faudrait-il être masochiste pour aimer Oxbow ?

Quoi qu’il en soit ce « Serenade In Red » a parfaitement traversé les années et a gardé une certaine forme de fraîcheur qui ne dénote certainement pas avec les productions actuelles. Bien au contraire, ce disque apparaît comme bien plus original que toute cette vague revival post-punk dont on nous abreuve depuis bientôt trois ans. Cependant le combo de San Francisco apparaît bien seul, comme si il prêchait dans le désert. Oxbow serait-il devenu l’un des derniers groupes authentique ? L’un des seuls, en tout cas, qui n’a pas cette faiblesse de regarder en arrière et faire du vulgaire pompage ? Oxbow devrait être ainsi déclaré d’utilité public et fort heureusement les gaillards ne sont pas près de baisser les bras. L’espoir tient toujours.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-12-2004

A voir également :

http://www.theoxbow.com

http://www.ruminance.com

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