.:.Chronique.:.

Pochette

Permanant Fatal Error

Law Speed

[Ruminance::2004]

|01 lll|02 A-pic|03 Nord|04 Blu|05 B#Side 1|06 B#Side 2|07 B#Side 3|08 Low Law Speed|09 Sunflowers|10 Deaf-Blues|11 Treep|

Alors que dans ce pays on se met à célébrer un renouveau de la chanson française qui n’en finit plus de se regarder le nombril, qu’on encense des groupes rock du cru dont l’attitude est aussi rock ‘n’ roll que celle d’un sac de gravier ou que l’on déifie de malheureux chanteurs de bal que l’on rend beaucoup important qu’ils ne le seront jamais, il y a des types comme Olivier Manchion (Ulan Bator) qui continuent contre vents et marées de constituer une musique qui se situe en dehors des sentiers battus et que l’on met difficilement en boîte. Ces gens là, malgré l’importance musicale qu’ils peuvent avoir, on en parle que très peu sinon dans les milieux d’initiés. En France on préfère très largement favoriser la médiocrité plutôt que les véritables créateurs. Nous en sommes là. C’est d’une tristesse infinie, je vous l’accorde mais des labels comme Ruminance permettent de garder espoir, de laisser entre-ouvert une porte pour les musiques un peu plus exigeantes dont l’exposition est, on le sait, de plus en plus réduite.

Permanent Fatal Error est donc le nouveau projet d’Olivier Manchion qui est ici entouré de Francesco Billét, Nicolas Marmin et Giulio Vetrone. Proche d’une mouvance post-rock, le quatuor ne s’éloigne pas trop non plus d’une certaine influence jazz. D’ailleurs les deux styles n’ont jamais été très éloignés l’un de l’autre. Ce qui rassure assez rapidement avec Permanent Fatal Error c’est qu’ils ne tombent jamais dans le cliché délivrant des morceaux au calme olympien, à la maîtrise d’orfèvre et à la luminosité plus que salvatrice. Les quatre hommes usent peut-être parfois un peu trop de la répétition mais on arrive facilement à s’en imprégner et les digérer sans se lasser outre mesure. Mêlant électronique et acoustique, la musique du combo est, de par son évident entêtement, obstinée dans ses choix, ne lâchant aucun pouce de terrain et sachant aller chercher l’émotion là où elle se trouve. A la fois exigeant et d’une évidence à tomber par terre « Law Speed » n’est pas de ce disques qui veulent s’enfoncer dans des expérimentations trop complexes et à la limite du digeste. Non, il s’écoute avec une déconcertante facilité faisant ainsi oublier que l’album n’est en aucune manière une émanation de la musique populaire à la française. « Law Speed » laisse ce sentiment de vouloir se poser, de reprendre son souffle, comme une force apaisante. On a rien contre. Bien au contraire, on en redemande.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 24-12-2004

A voir également :

http://www.ruminance.com

?>