.:.Chronique.:.

Pochette

Gustav

Rettet Die Wale

[Mosz/Metamkine/Wave Shop::2004]

|01 Intro|02 We Shall Overcome|03 Little Weird Grrrl|04 Linzserenade|05 Genua|06 One Hand Mona|07 Mein Bruder|08 Da, Am Monopol|09 Rettet Die Wale|

Eva Jantschitsch (Metrosau, Motorsau And Songs Of Suspects) possède un petit quelque chose par rapport aux autres. Ce petit quelque chose qui vous fait basculer dans un infini bonheur. Ce premier disque solo de la dame est, en effet, un petit joyau d’électro-pop qui se consomme comme une petite sucrerie fondant lentement dans la bouche. Il y a comme une sorte de naïveté quand on écoute ce disque, comme si E.Jantschitsch était une petite fille qui découvrirait le monde, les yeux écarquillés et émerveillés. Cependant elle a bien les pieds sur terre. Il n’y a qu’à se pencher sur les paroles pour s’en rendre compte. Nous avons bien à faire avec une adulte. Une adulte qui oscille ostensiblement entre une Björk qui aurait laissé tombé ses gros sabots et ses concepts ronflants et une Emiliana Torrini en grande forme. Une adulte qui n’hésite pas à prendre quelques positions sur le plan politique et il faut bien dire qu’en Autriche il y a de quoi faire. La jeune Eva s’interroge, s’inquiète, espère, pose son regard candide avec poésie sur le monde qui l’entoure. On aurait presque envie de la protéger, de la rassurer mais elle n’en a sans doute pas vraiment besoin.

Ce qui donne son charme à cet album ce n’est pas seulement cette voix enfantine et mutine mais c’est aussi une approche pop où l’intelligence rime avec la beauté à l’état pur. « Rettet Die Wale » est un disque lumineux à tous points de vue. A.Jantschitsch est de ces artistes qui savent prendre des risques en mettant leur personnalité, pour le moins introverti ici, sur le devant de la scène. Ces risques on les devine, on en a déjà parlé et en ce sens l’autrichienne veut nous interpeller. Certes l’emballage est joli mais il a un double sens. Un peu à l’image de la pochette. On pourrait croire que l’Autriche n’est que ce pays bucolique, connu pour ses valses de Vienne et où il ne se passe pas grand chose. Tout ne tourne pas toujours rond, comme cet orque qui baigne dans les lacs autrichiens ou ce drapeau qui se consume dans le calme alpin. Mais tout le monde semble trouver cela normal comme ces enfants qui ne sont le moins du monde gênés par la présence incongrue du mammifère marin. Tout le monde ou presque puisque quelques personnes comme E.Jantschitsch s’élèvent contre cet apathie qui se généralise peu à peu dans son pays. Ce ton un peu léger derrière lequel se cache un regard critique assez rude est donc bien approprié à la situation. Un disque d’une grande classe.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 04-12-2004

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