.:.Chronique.:.

Pochette

Vordul Mega

The Revolution Of Yung Havocs

[Nature Sounds::2004]

|01 Neva Again|02 Spitamatic feat. C Rayz Walz|03 Holla Ill|04 Hell Yeah|05 Hard Times|06 Blade|07 Stay Up|08 In The Hood feat. Karnage|09 Pray|10 Believe feat. Jean Grae|11 Struggles|12 Handle That feat. Cannibal Ox|13 Megallah|

On les aura bien sucé les Cannibal Ox depuis The Cold Vein sorti en 2001 sur Def Jux. Et pourtant depuis quelques temps, la tendance dans le petit monde du hip hop est au recrachage plutôt qu’à l’avalage. Les raisons ? Et bien quelques apparitions sur des compils assez peu convaincantes des deux membres fondateurs de Can Ox : Vast Aire et Vordul Mega. Cet été le premier cité nous avait infligé un premier album solo jugé catastrophique par bon nombre d’anciens fans des auteurs de cette pièce maîtresse et incontournable du hip hop qu’est The Cold Vein ; et bien en cette fin d’année (grassement fournie en grosses sorties) c’est au tour de son virulent compère de s’essayer à l’exercice en solo.

The Revolution Of Yung Havocs est un disque qui sent (ou qui pue, c’est selon) la Californie, comprenez par là que la production est claire, que l’instru est simple et entêtante, et surtout que le flow n’est pas vraiment technique. Voilà de quoi faire hurler ceux qui croyaient encore que Vordul Mega est un MC à part, un héro du hip hop new yorkais dont la seule obsession est de rester intègre et d’écrire des textes pertinents, une sorte de poète engagé en sweat à capuche quoi. Pourtant on reconnaît toujours la patte de Vordul, son flow n’a pas grandement changé et suit toujours sans encombre la ligne rythmique et son articulation reste aussi choyée que par le passé, mais voilà, tout le problème réside dans cette instru bien proprette et ensoleillée qui emmène monsieur Mega sur les terres d’un hip hop qui n’est pas le sien. Pas facile de se la jouer joyeux MC après un passé de rappeur dépressif et enragé dont le timbre de voix se mêlait autrefois si bien aux instrus sombres et complexes du sieur El-P, et ce ne sont pas les quelques featurings de préstige qui réhausseront l'intérêt de ces treize titres. The Revolution Of Yung Havocs ne sera donc pas un coup de génie, rien d’autre qu’un disque de hip hop à la fois sympa et fade, sans grande profondeur, aussi décevant que le featuring avec son ancien collègue de Can Ox.

note : 3

par johan, chronique publiée le 25-11-2004

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