.:.Chronique.:.

Pochette

Isis

Panopticon

[Ipecac/Trust No One/Robotic Empire::2004]

|01 So did we|02 Backlit|03 In fiction|04 Wills dissolve|05 Syndic calls|06 Altered course|07 Grinning mouths|

En 2004 le post-hardcore se fait mélodique et profond, chiant diront certains. Neurosis a ouvert la marche avec The Eye Of Every Storm ou comment jouer du post-rock tout en assumant ses poils au menton, Isis nous joue la carte de « la suite logique du précédent album », quant aux Scandinaves de Cult Of Luna, ils se contentent comme à leur habitude de faire un rip off des deux groupes précédemments cités avec en prime, bien évidemment, la négation totale de ce fait évident (qu’est-ce qu’ils sont hypocrites ces nordistes !). Alors ce Panopticon, véritable suite logique d’Oceanic ou faux coup de génie pas si profond que ça ?

Les deux bien sûr ! D’une part la troupe à Aaron Turner continue sa marche vers les sommets post-rockeux et les ambiances bleutées, d’autre part la musique du groupe se fait plus accessible, mieux dessinée en quelque sorte. Panopticon n’est pas un album à thème comme l’était son prédécesseur, ici on se tape une succession de titres toujours bâtis plus ou moins sur le même schéma et qui ne vont pas chercher tout leur sens dans un ensemble bien défini. Chacune des sept pièces varie entre six et dix minutes, autant dire que nos adorateurs de la meuf à Osiris se donnent le temps de bien dessiner des structures propres au post rock et au post hardcore, si vous êtes friands des montées en puissance et des passages flottants, vous allez être servis car Panopticon n’est rien d'autre qu'un condensé de cette recette à la sauce chaotique. Heureusement que les cinq gars de Boston savent concocter de bon petits riffs parce que sinon on se ferait aussi chier qu’en écoutant un disque de Mono. Pour faire simple, disons qu’Isis a enfin digéré, mais malheureusement aussi simplifié, ses trois influences majeures : Neurosis pour le côté metal évolué, Godflesh, pour l’insistance sur certains riffs, et Godspeed You ! Black Emperor pour l’aspect progressif et plannant qui tend à prendre de plus en plus d’importance dans les compositions du groupe, au détriment du chant qui ne surgira que pour souligner l'urgence de quelques passages. En clair si vous comptiez taper du pied et headbanguer comme un épileptique, c’est loupé, mais vous pourrez toujours lever les points au ciel lors des nombreuses explosions de décibels servies par ce son de guitare d’une densité remarquable. Soulignons également le fait que monsieur Turner pour la première fois de sa vie chante avec une voix claire, mais ses vieilles habitudes de metalleux sur le retour reprennent vite le dessus, son timbre rauque et monocorde retrouve alors sa place dans cette épaisseur de son propre à Isis. Et pourtant malgré ce généreux constat, force est d’avouer que sur la longueur, Panopticon peut se révéler soporifique ; la faute à l’absence quasi totale d’homogénéité et de liens entre les compos, mais aussi à la redondance de cette fichue structure montée – explosion – redescente. Un disque sans grande surprise, ni véritable sursaut, simplement du Isis à l'état pur bien décidé à continuer sa route vers la puissance raffinée.

note : 7

par johan, chronique publiée le 23-11-2004

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