.:.Chronique.:.

Pochette

Jono El Grande

Fevergreens

[Runegrammofon::2003]

|01 Prologue|02 Awake, Wonderful And Lavish|03 I'm Not A Star I'm Just Lost In Space|04 Good Gracious|05 Cuban Serum|06 Rumba For A Slightly Excited Ape|07 Chà !|08 The Frenzied Butterflies|09 Centrifuge In D Minor|10 Tango On The Crest Of Reality|11 Ante's Inferno|12 Ariaph Orahri|13 Isle Of View|14 Epilogue - Encore|

Comment cela est-il encore possible de nos jours? Un groupe qui se réclame et qui joue comme du Frank Zappa c’est quelque peu étonnant par les temps qui courent. Doit-on applaudir des deux mains ou hurler à l’infâme plagiat ? Entre les deux le cœur balance, évidemment. En tout cas les norvégiens de Jono El Grande détonnent en étant publié sur Rune Grammofon, label qui a pour habitude d’abriter des artistes de musiques électroniques plutôt cérébrales. A la limite on se demande bien ce qu’ils font là. D’un anachronisme rare Jono El Grande n’a pas l’air d’avoir le souci de suivre une quelconque mode ou même d’en créer une. Déjà Frank Zapppa était quelqu’un qui était en marge dans ce microcosme rock des années 70 qui commençait furieusement à devenir une caricature et d’un grotesque grandiloquent. Aujourd’hui ce microcosme n’a guère changé, jouant toujours des clichés les plus grossiers, n’arrivant plus à trouver d’idées originales et se réfugiant, et finalement Jono El Grande ne fait pas exception, dans les décennies précédente en les pillant. Alors évidemment de bons albums il en existe toujours mais on a encore ce sentiment affreux de tourner en rond.

Même si Jono El Grande a largement pompé les recettes d’une partie de la carrière de Zappa, on ne peut s’empêcher de prendre un peu de plaisir. Ainsi on pense largement à ces albums comme « The Grand Wazoo », « Waka/Jawaka » voire « Burnt Weeny Sandwich » qui mélangent ces sonorités jazzy et ce rock débridé et décalé. Les norvégiens n’atteignent certes pas la virtuosité de l’américain mais ils s’en tirent avec les honneurs arrivant parfois à s’approcher du maître aux favoris proéminents. L’intérêt de la chose est somme toute bien modeste mais il apparaît bien évident que le combo n’a pas d’ambitions particulières. Et à vrai dire on n’en aura pas plus en écoutant ce « Fevergreens » plutôt plaisant mais un peu trop appliqué.

note : 6.5

par Fabien, chronique publiée le 22-11-2004

A voir également :

http://www.runegrammofon.com

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