.:.Chronique.:.

Pochette

Fourcolor

Water Mirror

[Apestaartje/Metamkine::2004]

|01 Dip|02 Fount|03 Soaking|04 In The Pool|05 Snow Soup |06 Vaporize|07 Steam |

Keichii Sugimotos sort son premier album solo après des expériences assez remarquées au sein de Minamo et de Fonica. Pour autant ce n’est pas pour cela que le japonais a changé son fusil d’épaule. A l’image de ce qu’il a pu faire avec ses deux anciennes formations K.Sugimotos reste dans une optique polaire et pour le moins brumeuse. Tout y est calme, serein. A la limite on croirait presque que ce disque a été fait pour des gens solitaires, qui aiment es retrouver avec eux mêmes, qui apprécient les grands espaces ou, comme peut le laisser supposer la pochette, ne se sentent bien que sur de vastes étendues d’eau qui s’éloigneraient inexorablement d’un monde civilisé étouffant et repoussant. Proche d’une mouvance post-rock, Fourcolor ferait presque penser à un Dutch Harbor qui aurait intégré des éléments électroniques dans sa musique. Il se dégage ainsi une beauté froide évidente et régénératrice. C’est fou ce que ce disque peut faire du bien. A cent lieux d’une fureur rock’n’rollesque aussi honnête qu’un présentateur de MTV, Fourcolor ne s’adresse manifestement pas à la masse mais plutôt à ces quelques personnes pour qui une vie moderne débridée ne convient pas. Et au Japon on sait ce qu’il en est de ce sur-ménage permanent, de cette pression qui fait que ce pays à un taux de suicide assez impressionnant.

Fourcolour épure les choses, veut revenir à une simplicité limpide et par là même ne se contente que de l’essentiel. Cet état d’esprit est permanent sur cet album et le dernier morceau, « Steam », long de 25 minutes, originellement prévu pour le film « Frontire » du cinéaste japonais expérimental Jun Miyazaki, résume à lui seul cette fragilité musicale qui pourrait presque se vivre comme une thérapie. Le trop discret label Apestaarje serait bien inspiré de sortir plus souvent des albums de ce calibre. En tout cas on ressort de ce premier album solo du japonais comme apaisé, non pas comme un être tout neuf mais certainement avec ce poil d’optimisme qui peut parfois nous faire défaut. Ce disque devrait être remboursé par la Sécu.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 14-11-2004

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