.:.Chronique.:.

Pochette

Eastley, Max & Toop, David

Doll Creature

[Bip-Hop::2004]

|01 Mouthful Of Silence|02 Eyelash Turned Inwards|03 Bangaged Moments|04 Cardiomancy|05 Nights, Demixed, Circles|06 Flooded Garden|07 Three Sand Voices|08 Moth Cinema|09 Metamorphoses Of Tabanus Bovinis|10 Green Silence|11 Dust Of Points|12 Graphite In Prussic|13 Inscription Of Skin|14 Swimmer, Dreamless|15 Vital Flow Meters|

En trente ans le duo Toop/Eastley aura sorti pas moins de trois disques dont la présente galette. C’est peu me direz-vous. Seulement voilà les deux hommes n’avaient pas vocation à faire carrière ensemble. Ces associations occasionnelles avaient pour but de réaliser des œuvres conceptuelles où les expérimentations sonores y avaient toutes leur place. Le premier disque, « New And Rediscovered Musical Instruments » (75), a naturellement trouvé à se loger dans le label, aujourd’hui disparu, de Brian Eno, Obscure. Leur second disque « Buried Dreams » (94) avait trouvé grace auprès du magazine The Wire qui l’avait classé dans le trio de tête de leur classement des meilleurs albums de l’année. En même temps quand on sait que le sieur Toop intervient dans ce même magazine on peut se demander si The Wire n’était pas, sur ce coup là, un peu juge et parti. Ce serait quand même étonnant et on leur accordera le bénéfice du doute. Si il y a quelques années ce genre de disque pouvaient surprendre un public avide de sonorités nouvelles, il y a peu de chances pour que cela soit le cas aujourd’hui. Je serai presque tenté de dire qu’un disque comme celui-ci on peut en trouver à chaque coin de rue.

Cependant cela est-il suffisant pour ne pas trouver « Doll Creature » intéressant ? Force est de constater que l’on n’a pas à faire avec les premiers venus. Les deux hommes savent parfaitement occuper l’espace et trouver un juste milieux entre les traitements électroniques et les instruments acoustiques. « Doll Creature » est un disque sombre dont les morceaux sont comme des soliloques qui vous imprègnent totalement d’un sentiment de claustrophobie aiguë. Insidieusement cette musique vous rends attentif au moindre son, comme si vous restiez immobile, les yeux fermés et que vos sens auditifs soient devenus hyper-sensibles. Même si elle est sombre, la musique de D.Toop et M.Eastley demeure d’une limpidité consternante. Si on constate ça et la des modulations et des triturations électroniques, chaque morceau semble être bâti sur la même ligne, sur la même tonalité provocant une froideur quasi malsaine et souterraine. Si l’envie vous prends de naviguer sur ces eaux opaques, il faudra faire preuve d’un esprit d’ouverture un peu au-dessus de la moyenne afin d’y être un tant soit peu réceptif. « Doll Creature » s’adresse donc naturellement à des initiés. Le contraire serait étonnant.

note : 6.5

par Fabien, chronique publiée le 14-11-2004

A voir également :

http://www.davidtoop.com

http://www.maxeastley.com

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