.:.Chronique.:.

Pochette

Melian, Michaela

Baden-Baden

[Monika Entreprise::2004]

|01 Brautlied|02 Strasse|03 Panorama|04 Verkher|05 Ignaz Guenther House|06 Baden-Baden|07 A Song For Europe|

Qu’est-ce que la grâce ? Micheala Melian doit en savoir quelque chose car c’est de toute évidence ce qui ressort en premier lieu de cet album. Une candeur que l’on n’entends que trop rarement et qui vous fait chavirer dès les premiers instants. Dès le départ on pressent que l’on a entre les mains un disque d’une beauté ineffable dont la simplicité est renforcé par la volonté répétitive des compositions. Des morceaux entêtants mais dont la fausse froideur arrivent à vous mettre tout de suite à l’aise comme si vous étiez enveloppé par une douce aura anesthésiante. Parmi la masse des productions en matière de musique électronique ce premier album solo de M.Melian les dépassent de la tête et des épaules. Pourtant les morceaux sont d’une simplicité confondante mais l’allemande a su leur donner un habillage d’une classe et d’une sensibilité bien au-dessus de la moyenne. Si en France on est sans doute les champions pour tout ce qui est électronique expérimentale, les allemands ont cette capacité à développer une musique plus populaires, plus facile d’accès et d’autant plus reconnaissable puisqu’on y entends souvent cette forme sous-jacente de musique martiale, cette rectitude ou ce sens inné de faire les choses de manière carrée. En fait les allemands sont des gens rationnels et trop bien éduqués pour laisser transparaître une note de fantaisie qui pourrait faire dévier d’un iota une ligne bien pré-établie. Si ils ne sont pas surprenant, et ce « Baden-Baden », au bout du compte, ne l’est pas vraiment, les allemands sont capables de sortir de grands et beaux albums. Nous en avons bien la preuve ici. L’héritage de Kraftwerk et consorts a la vie bien dure.

On ne fera pas trop la fine bouche cependant car ce disque est sans doute l’un des meilleurs d’électronica de cette année. Ni plus, ni moins. Cet album a ce pouvoir hypnotique d’insatiabilité qui vous pousse à presser la touche play de manière répété sans éprouver la moindre lassitude. M.Melian a, avec sa petite « musique de chambre », trouvé là un filon qui lui correspond à merveille. Et, chance inouï, cela me correspond aussi. La vie est bien faites.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 05-11-2004

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