.:.Chronique.:.

Pochette

Georges Leningrad, Les

Deux Hot Dogs Moutarde Chou

[Coco-Cognac/Blow The Fuse::2002 (réédition 2003)]

|01 Caamckne Mechn|02 Lollipop Lady|03 Bad Smell|04 Georges V|05 La Chienne|06 Didi Extra|07 Prince R.|08 Wunderkind|09 Un Imperméable (Mouillé Des Deux Côtés)|10 Cocktail Vampire|11 Constantinople|12 Mysantropic|13 La Première (Doo Doodoo)|

Paru initialement en 2002 ce disque a été depuis réédité deux fois par deux structures différentes. C’est d’abord Blow The Fuse qui s’est attelé à la tâche avant que Alien 8 reprenne le flambeau en faisant paraître par la même occasion de second disque du groupe, « Black Eskimo » (hommage involontaire aux Résidents ?). Ce trio de Montréal composé de Poney P., Mingo L’Indien et Bobo Boutin a sorti un premier disque qui est apparut pour certains comme une véritable révélation, une sorte de pavé dans la mare, alors que pour d’autres les Georges Leningrad ne sont rien d’autre qu’une vaste farce voire une supercherie de mauvais goût. Quoiqu’il en soit les canadiens ne laissent pas indifférent et rien que pour cela ils méritent que l’on s’attarde sur leur cas. En quatre ans d’existence le trio a réussi à susciter un intérêt grandissant chez un public à l’ordinaire exigeant. Leurs performances scéniques ont largement contribué à créer cette mini-légende qui construit autour d’eux.

A l’évidence ce premier album n’a rien de conventionnel. A vrai dire il même assez déstabilisant. Fait de brique et de broque ce disque ne fait pas dans le confortable. Avec ses ambiances à la limite du glauque, ses penchants no-wave et post-punk Les Georges Leningrad semblent foncer têtes baissées vers une voie dangereuse mais tellement plus enthousiasmante. A la fois euphorisant (« Lollipop Lady » ou « Bad Smell ») et désabusé (« La Chienne ») ce disque est tout en saute d’humeur et offre de multiples visages. C’est sans doute pour cela que « Deux Hot-Dogs… » a du mal a faire l’unanimité car il est en butte à une certaine forme d’incompréhension. Mais il n’est pas certain que Les Georges Leningrad demandent à être compris. Cet album fait, quoi qu’il puisse arriver, réagir. Et c’est déjà une performance car il n’y a sans doute rien de pire qu’un disque qui vous laisse indifférent. Ce premier album vous bouscule dans vos propres certitudes. Dans un monde musical qui ne sait plus à quel revival se vouer Les Georges Leningrad sont comme un véritable bol d’air frais remettant sur le devant de la scène le goût du risque. On ne peut qu’acquiescer. Forcément.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 28-10-2004

A voir également :

http://www.lesgeorgesleningrad.org

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