.:.Chronique.:.

Pochette

Murat, Jean-Louis, Fred Jimenez & Jennifer Charles

A bird on a poire

[Labels::2004]

|01 Mirabelle Mirabeau|02 Monsieur craindrait les demoiselles|03 Le temps qu'il ferait|04 A bird on a poire|05 Mashpotétisés|06 Gager l'aéroport|07 French kissing|08 Une orgie de sainteté|09 Tu n'auras pas le temps|10 Elle était venue de Californie|11 Petite luge|12 L'anéantissement d'un coeur|

On ne peut pas dire que Jean-Louis Murat nous ait beaucoup fait mijoter avant de nous offrir ce nouvel album. Ce n’est qu’un an, quasiment jour pour jour, après la sortie de son double opus Lilith que ce CD a débarqué dans les bacs de nos disquaires préférés. Sans parler du DVD qui est sorti entre temps. C’est donc avec un peu d’appréhension que j’ai découvert cet album. En effet, après Mustango, qui pour moi marque le sommet de l’œuvre artistique de l’auvergnat, Le moujik et sa femme n’a pas manqué de passer pour un album récréatif, certes plein de qualités, mais je me rappelle de commentaires visant cette sortie : « il s’est fait plaisir ». Des morceaux plaisants, mais souvent moins recherchés. Et Lilith n’a pas vraiment levé cette impression. Et voilà donc que déboule cette nouvelle galette, A bird on a wi… euh… a poire.

Et là, il faut bien l’avouer, c’est une excellente surprise. Peut-être est-ce du au fait que toutes les musiques soient de Fred Jimenez, bassiste attitré de Murat depuis Le moujik. La pâte n’est pourtant pas très différente, l’esprit “muratien” est bien présent, mais il est indéniable que ces douze compositions apportent un regain de fraîcheur, finalement très appréciable. Autre particularité de cet album, notre Jean-Louis chante en duo sur pratiquement tous les titres avec Jennifer Charles (Elysian Fields). Après les apparitions de la charmante Camille sur sa dernière tournée, ou la collaboration avec Isabelle Huppert sur Madame Deshoulières, on peut dire que l’auvergnat sait bien s’entourer. La belle Jennifer chante ici en français, avec un accent plutôt marqué, qui pourra en irriter certains, mais qui finalement passe bien, en particulier sur les morceaux plus calmes.

Car les titres qui se suivent sur cet album ne se ressemblent pas. D’un côté, on trouve certains morceaux rythmés, à l’image du single “Le temps qu’il ferait”, de “Mashpotétisés” ou de “Tu n’auras pas le temps”, terriblement efficaces, aux arrangements parfois endiablés, où les cuivres éclatent dans la musique comme des bulles de joie. D’un autre côté, on trouve de très jolies balades, sur fond de guitare acoustique (“A bird on a poire”), de clavier (“gagner l’aéroport”), ou sur un somptueux lit de violons (“Elle était venue de Californie”). Cette dernière chanson est d’ailleurs illustrée dans le livret par Godeleine de Rosamel ; elle raconte la rencontre de Jean-Louis et de Jen, de l’amour qui est né entre eux, et de la tristesse de la séparation, avec un étonnant manque de pudeur, qui peut laisser l’auditeur un peu gêné de se trouver entre eux deux, à l’instar de Fred Jimenez sur les illustrations du livret. Une bonne partie des autres chansons parlent de cet amour, comme la magnifique “Petite luge” ou le morceau de fin “L’anéantissement d’un cœur”.

Que dire de plus sur cet album ? Que ce n’est pas avec lui que je vais arrêter d’être fan de Murat. Il se laisse écouter en boucle sans problème, et laisse un drôle de goût mélancolique entre les oreilles et dans le cœur. Vivement le prochain album… Enfin, non, pas trop, il faut nous laisser le temps de profiter encore un peu de celui-ci, avant.

note : 9

par Claire, chronique publiée le 21-10-2004

A voir également :

http://www.jlmurat.com

http://www.labels.tm.fr

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Noémie : avis du rédacteur
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