.:.Chronique.:.

Pochette

Björgulfsson, Heimir / Pimmon / Thorsson, Helgi

Still Important Somekind Not Normally Seen (Always Not Unfinished)

[Cronica::2004]

Le label Cronica est plutôt dans une phase ascendante. Cet éditeur portugais est déjà assez prolifique et au fil des références on sent que la label a pris de plus en plus d’assurance, accumulant les risques et les coups de cœur. Cette quatorzième référence est bien à l’image de ce que Cronica essaye de faire véhiculer : une musique électronique exigeante, souvent minimale, expérimental à tous les coups et révélatrice d’un état d’esprit plus qu’ouvert. Ce disque est la rencontre entre deux islandais (Heimir Björgulfsson et Helgi Thorsson) et l’australien Pimmon. H.Björgulfsson, ancien patron du label FIRE.inc et auteur d’une discographie solo assez fourni s’est associé à Pimmon (Paul Gough), artiste à géométrie variable, bidouilleur électronique reconnu et explorateur de sons synthétiques, et à Helgi Thorsson membre du Stilluppsteypa (dont H.Björgulfsson est également parti prenante) pour cet enregistrement live qui a été commandé par le Earational Festival. Originellement cette performance date d’Octobre 2002 et fut publié par Thirst. Cette réédition par le biais du label Cronica est l’occasion de pénétrer un univers certes pas très nouveau mais néanmoins fascinant.

De ces neufs pièces sans titres on retient cette dimension organique et presque aérienne. On a l’impression d’être dans un laboratoire ou tout semble se dérouler comme une mécanique trop bien huilée. Le temps se serait ainsi quasiment arrêté autour de ces trois hommes et de leur machinerie électronique. Le trio déroule ainsi une musique presque timide, qui semble être un peu en retrait mais offre un caractère évolutif intéressant et pour le moins futuriste. On reste alors dans un esprit résolument contemplatif qui n’est pas sans rappeler certaines productions des labels Mille Plateaux ou Staalplaat. Ce n’est sans doute pas un hasard. Pimmon avait déjà sorti un disque chez Staalplaat dans la très bonne série des « Mort Aux Vaches ». Même si le trio ne renouvelle pas le genre de ce type de musique électronique minimale, brumeuse et cérébrale, il délivre malgré tout un album des plus intéressant où le côté inquiétant et presque glauque est mis en avant pour donner une force supplémentaire à des compositions déjà bien dignes d’intérêt. Un disque sombre comme on les aime.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 20-10-2004

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