.:.Chronique.:.

Pochette

Schumacher, Michael J.

Stories

[Quecksilber/La Baleine::2004]

|01 Still|02 Two, Three And Four Part Inventions|03 Room Pieces New York|04 Pulse|

« Stories » est un disque difficile. Autant le dire tout de suite. Michael J.Schumacher, ce spécialiste de musique électronique architecturale, s’est déjà formé une belle réputation. Déjà l’année dernière il fut élu par le magazine britannique The Wire, sans doute la bible des musiques ardues, comme le meilleur auteur de « composition moderne » avec son album « Room Pieces ». Inspiré par des gens comme La Monte Young, Terry Jennings ou Morton Feldman, il a également multiplié les collaborations et les concepts musicaux. Ainsi on a pu l’entendre aux côtés de Daniel Miller triturer des guitares électriques préparées ou au sein de Strata, groupe qu’il a fondé dans lequel on retrouve Kato Hideki pour ne citer que ces associations là. Chacun aura compris que M.J.Schumacher est profondément pris par les musiques conceptuelles. De ce fait « Stories » est un album de quatre compositions qui se trouvent à mi-chemin entre la musique acousmatique et la musique contemporaine. Quatre plages abstraites et introspectives dans lesquelles on peut se projeter si on est prêt à consentir à un effort particulier d’écoute.

Même si on retrouve des instruments issues de ses expériences passées (guitares, piano, voix) la base qui servit à la conception de « Stories » est tout de même une musique électronique minimale qui parfois est proche du chuchotement. Sous son aspect un peu monolithique et un peu trop sérieux, ce disque garde une espèce d’urbanité comme si il était marqué par des influences post-industriels. Une espèce de beauté froide qui passe sur vous comme une brise polaire et qui vous rendrait complètement inerte. « Stories » demeure malgré tout un album des plus hermétiques qui ne peut s’apprécier que par une clientèle avertie. Il ne s’agit pas de faire de l’élitisme mais il est clair qu’on ne s’adresse pas ici au grand public. C’est presque comme si on assistait à l’incarnation d’un autisme musical, d’effets sonores qui peu à peu se renferment sur eux mêmes pour ne paraître plus que comme de vagues souvenirs. Disque difficile disais-je donc. Il apparaît également tout aussi difficile de s’enthousiasmer pour celui-ci. On prend acte de la chose en se disant que même si son écoute est loin d’être désagréable elle n’est pas forcément indispensable. A vous de voir.

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 26-09-2004

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http://www.quecksilber-music.com

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