.:.Chronique.:.

Pochette

Parkins, Zeena & Mori, Ikue

Phantom Orchard

[Mego::2004]

|01 Jezebel|02 Savage Flower|03 Miura|04 Ghostlake|05 Deft|06 39 Steps|07 Transparent Things|08 Contraband|09 Blue Noon|

Ce n’est pas la première fois que Zeena Parkins et Ikue Mori (DNA, Tohban Djan) travaillent ensemble mais c’est sans doute la première fois qu’elles s’associent pour la création d’un album. Zeena Parkins avait déjà collaboré à des albums de Ikue Mori (« B/Side » et « Hex Kitchen ») et les occasions ne furent pas rares où les deux femmes se sont retrouvés autour de projets aventureux comme pour l’Ensemble Modern avec Fred Frith (« Traffic Continues »). Il n’est donc pas question ici que l’une soit l’invitée de l’autre, les deux femmes forment une symbiose comme il peut en exister dans certains vieux couples. Le parcours aventureux de ces deux vétérans des musiques avant-gardistes peut donner une idée de ce que l’on va trouver sur ce disque qui paraît sur le non moins exigeant label autrichien Mego.

« Phantom Orchard » est donc un album de musique électronique pour le moins expérimental. Ikue Mori a troqué sa casquette de percussionniste pour celle d’un bidouilleur électronique aux tendances lunaires, abstraites et contemplatives. Comme à son habitude Z.Parkins s’accroche à sa harpe, piano et autre mellotron mais elle ne rechigne pas à s’aventurer sur des sentiers plus synthétiques. Le duo donne à leurs compositions un côté des plus tonal et flottant comme si on naviguait dans des eaux froides et mystérieuses dont on arrive pas à sonder la profondeur. Parfois on a l’impression que certains morceaux comme « Ghostlake » illustreraient à merveille les films de David Lynch. On reste alors subjugué par cette approche hallucinée. C’est beau et inquiétant à la fois mais chacun des morceaux arrivent à vous pénétrer au plus profonds de vous même. Encore une fois les deux musiciennes ne déçoivent pas. « Phantom Orchard » est à rajouter à l’édifice déjà important construit depuis presque trente ans par Z.Parkins et I.Mori. Il n’y a rien à dire finalement, c’est du travail d’orfèvre, au millimètre, net et sans bavure. Mêmes si les deux femmes naviguent dans des eaux troubles je veux bien m’y baigner tous les jours.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 15-09-2004

A voir également :

http://www.zeenaparkins.com

http://www.ikuemori.com

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