.:.Chronique.:.

Pochette

Balibar, Jeanne

Paramour

[Dernière Bande::2003]

|01 Le tour du monde|02 Johnny Guitar|03 Pas dupe|04 My blue eyes|05 Hélas|06 Lady your room|07 Orphée|08 Tu dors|09 Waiting the parlour|10 Safe place|11 Ne change rien|12 These days|13 Rose|14 Torture|

Jeanne Balibar est une actrice. Et pas n’importe quelle actrice, puisqu’elle a été formée au Conservatoire Supérieur National d'Art Dramatique de Paris, et a séjourné à la Comédie Française. Elle se fait connaître et reconnaître au théâtre, puis au cinéma. Maintenant, la voilà interprète, tantôt en français, tantôt en anglais de ses propres textes et de ceux de Pierre Alferi (auteur de la plupart des textes de Kat Onoma), mis en musique par Rodolphe Burger. Ce disque proposé par Dernière Bande est encore une histoire de famille, puisque les principaux musiciens accompagnant Jeanne Balibar sont Marco de Oliveira et Arnaud Dieterlen.

Comme un rappel de ses racines, la chanteuse sème au cours de ce premier album des titres faisant référence au cinéma : “Johnny Guitar” bien sûr, mais aussi “Ne change rien”, basée sur un sample de Godard et “Torture”, que l’on peut entendre dans Scorpio Rising. On entendra aussi Maggie Cheung pour un somptueux duo sur “Hélas”. Mais on ne peut pas qualifier ces références d’opportunistes, tant elles se fondent bien dans le reste de l’album. Cet album est en effet très homogène, et l’on sent beaucoup la pâte de Burger (en particulier sur “Pas dupe”), qui semble parfois s’être amusé dans ses compositions, comme avec les guitares hispanisantes et les cordes arabisantes de “Lady your room” ou avec les sonorités jazzy de “Safe place”.

La voix grave et aux sonorités matures, presque rétro, de Jeanne Balibar se mêle étonnamment bien avec les guitares saturées qui l’accompagnent, grâce à la douceur des mélodies de ces quatorze perles musicales. On ne peut pas ne pas être pris de frissons en écoutant la magnifique chanson d’ouverture “Le tour du monde”, qui résume à elle seule toutes les qualités de cet album. C’est un disque que l’on écouterait volontiers allongé sous les étoiles, au milieu de dunes de sable fin, avec dans le lointain, le bruit des vagues qui se rompent sur le rivage d’une plage incertaine. Fermez les yeux : vous y êtes.

Non, ce disque n’est pas le n-ième caprice d’une actrice en manque de reconnaissance. Nous avons là affaire au résultat d’un véritable travail d’artiste. Que l’on applaudit des deux mains.

note : 8.5

par Claire, chronique publiée le 07-09-2004

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