.:.Chronique.:.

Pochette

Galas, Diamanda

La Serpenta Canta

[Mute::2003]

|01 (Disque 1) Intro|02 Ain't No Grave Can Hold My Body Down|03 Burning Hell|04 Baby's Insane|05 I'm So Lonesome I Could Cry|06 Lonely Women|07 Frenzy|08 (Disque 2) Blue Spirit Blues|09 My World Empty Without You|10 I Put A Spell On You|11 At The Dark Of The Street|12 Dancing In The Dark|13 Dead Cat On The Line|14 See That My Grave Is Kept Clean|15 Burning Hell (reprise)|

Alors que ce disque de Diamanda Galas sort ces jours-ci aux Etats Unis celui-ci est disponible en France depuis le mois de Décembre de l’année dernière. Il était sorti simultanément avec l’autre double album « Defixiones Will And Testament ». La logique des éditeurs est parfois curieuse. La sortie américaine est le prétexte facile que je prends pour reparler de cette artiste hors du commun.

La sortie de deux double-albums en simultané est quand même quelque chose d’assez rare et de particulièrement osé. Diamanda Galas est de toutes façon quelqu’un qui n’aura jamais rien fait comme les autres et qui est ce genre de personnage qui provoque une certaine fascination si on s’intéresse un tant soi peu à ce qu’elle fait. Alors que « Defixiones Will And Testament » était un album sur le génocide arménien, disque d’une noirceur sans nom, « La Serpenta Canta » s’oriente vers l’univers du blues revisité par la passionaria qu’est D.Galas. Là encore on retrouve cette forme de mysticisme dans les interprétations, ce chant totalement habité qui vous glace le sang non pas de peur ni de dégoût mais de cette fascination que j’évoquais plus haut. Certainement moins sombre que « Defixiones… » « La Serpenta Canta » tend vers une émotion qu’on pourrait presque qualifier de terre à terre. Une émotion différente qui peut difficilement être comparée à celle que dégage « Defixiones… ». « Defixiones… » est une sorte d’appel qui vient du tréfonds de l’humanité, un disque sur l’absurdité génocidaire. « La Serpenta Canta » est un album de blues, certes pas très académique, mais qui lui aussi dégage des valeurs humaines indéniables. D’ailleurs le blues est une musique qui sort des tripes, qui est déjà une douleur en soit. On doit y sentir la souffrance. Mais ici on ne dénonce rien, c’est une souffrance égoïste qui est surtout lié à une forme de mal-vivre.

Quoiqu’il en soit Diamanda Galas, par son interprétation, arrive encore à déstabiliser son auditeur. C’est sans doute cela la force de cette chanteuse qui n’a guère son équivalent. Un disque brut et d’une force peu commune. La marque de fabrique Galas en somme.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 06-09-2004

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