.:.Chronique.:.

Pochette

Cobra Killer

76/77

[Monika Entreprise::2004]

|01 Let's Have A Problem|02 Mund Auf - Augen Zu (Strecker Raus, Ich Dreh' Durch)|03 Chemie Des Alltags|04 L.A. Shaker|05 Tenthousand Tissues|06 Without A Sun|07 High Is The Pine|08 I Like It When It Burns A Bit|09 Needle Sharing |10 Ledercouch|11 Cobra Movement|12 Heavy Rotation|13 Yes, I'm Finished.|

« 76/77 » un titre on ne peut plus évocateur. Pour ceux qui ne le sauraient pas, et ce serait quand même bien dramatique, « 76/77 » renvoie directement à l’âge d’or du punk. Celui des Sex Pistols, des Clash, des Buzzcocks et autres Damned. De cette période insensée où une nouvelle contre-culture se mettait en place et qui espérait bien tout emporter sur son passage. « L’obscénité et la fureur » disait-on des Sex Pistols. Sûrement mais le punk c’était aussi une provocation inouïe, une liberté quasi totale d’expression et le rejet d’un modèle anglais qui s’enfonçait dans un conformisme latent et qui laissait le champ libre à ce qu’on allait appeler le Thatchérisme. Bien que le punk se posait en fossoyeur du rock ils s’en inspirait tout de même beaucoup. A vrai dire le punk ne fut rien moins qu’une résurgence d’un rock brut originel mais en plus hargneux, en plus nihiliste et certainement plus sombre. Si le punk enterrait les années 60 et 70 il fut la porte ouverte à ce qui allait se passer dans les années 80 jusqu’à aujourd’hui. Dans cette tentative d’autodestruction le punk aura été un générateur de créativité un peu contre son gré.

Gina V.D’Orio et Annika Line Trost n’ont musicalement rien de punk mais en tout cas elles en ont l’esprit. « 76/77 » laisse cet impression de bricolage musical permanent remettant au goût du jour ce fameux credo punk, le « do it yourself ». Offrez-vous un sampler et le monde vous appartiendra. Quelque part Cobra Killer me ferait presque penser aux Slits un des premiers, sinon le premier, groupe féminin punk, qui ont en commun ce ton rageur et ce sens inné du décalage. Ces anciennes sociétaires du label électro hardcore DHR multiplient les références au rock 60’s, à la new wave, au reggae et d’un rock allemand martial mais très second degré à la DAF. A l’instar des premiers groupes punk Cobra Killer revendique une dénonciation du système de l’industrie musical actuel trop show-biz à son goût. Le duo se pose alors comme une sorte d’alternative en proposant une musique non formatée et bourrée d’une énergie délirante. Les présences de The Devastations, T.Raumschmiere, Erik D.Clark, Patric Catani, Thomas Fehlmann et de Rashad Becker donnent une dimension supplémentaire au disque qui grâce à ces collaborations gagne en substance.

« 76/77 » est donc un album nettement plus punk que toute cette mouvance de groupes qui essayent tant bien que mal de régénérer un état d’esprit qu’ils n’ont manifestement que très peu compris. Même si Cobra Killer est un groupe électro il sera cent fois plus punk que les premiers de ces groupes à grosses productions aux riffs de guitares de vengeurs de bacs à sable.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 06-09-2004

A voir également :

http://www.cobra-killer.com

http://www.monika-entreprise.de

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