.:.Chronique.:.

Pochette

Björk

Medulla

[Polydor::2004]

|01 Pleasure Is All Mine|02 Show Me Forgiveness|03 Where Is The Line|04 Vökuró|05 Öll Birtan|06 Who Is It|07 Submarine|08 Desired Constellation|09 Oceania |10 Sonnets / Unrealities XI|11 Ancestors|12 Mouth's Cradle|13 Miðvikudags|14 Triumph Of A Heart|

Le voilà, tout beau tout chaud, le nouvel album de l’Islandaise la plus barge de la planète (elles sont peu nombreuses en même temps). On sait depuis quelques temps déjà qu’aucun autre instrument que les cordes vocales n’ont été utilisé lors de l’enregistrement de Medulla, rien d’autre que la voix atypique de la miss, aidée par toute une armée d’invités plus ou moins préstigieux et au moins aussi décalés que notre star du grand nord.

Et pour cette sortie événement de la rentrée 2004, Björk nous propose non pas une, mais bien quatre éditions différentes ! Autant dire que le choix chez le discaire est difficile. Que prendre ? Le DVD audio avec making of ? Non, vraiment trop cher. Le DVD audio simple ? Non, toujours trop cher, et une chaîne hi-fi d’étudiant sans le sous ne lit peut-être pas ce format. Reste l’édition digipack limitée, et l’édition du pauvre, sans le moindre bonus. Pour le vinyle il faudra encore attendre quelques semaines. Allez hop, faisons nous plaisir, d’autant plus qu’on a droit à un poster plutôt joli que l’on accrochera pas dans sa chambre de peur que cette vraie fausse édition limitée perde toute sa valeur.

« Björk on aime ou on aime pas, mais elle ne laisse pas indifférent », on avait déjà entendu cette phrase à la sortie de Vespertine en 2001, on risque encore de l’entendre ces jours-ci. Car malgré le fait que Medulla soit un disque conceptuel, il n’en demeure pas moins björkeste, voir même björkissime. Le premier titre, Pleasure Is All Mine, qui ferait un excellent tube et qui est assurément l’une des plus belles compositions de la miss, installe une ambiance bien connue qu’on avait presque oublié depuis Homogenic. Björk s’est reconciliée avec les mélodies et les sons carressants, c’est dans cet univers, à la fois psychédelique et glacial qu’elle est à son aise. Toutes les facettes de son organe seront visitées, les murmures, les envolées lyriques, les inspirations et les expirations, les gémissements. Il y a de l’érotisme interdit dans Medulla, une sensualité rendue tabou par ces chœurs féminins apportants solennité et tonalité mystique. Des respirations saccadées se mêlent à une instrumentalisation vocale quasi-religieuse, des samples de voix s’accouplent, et dessinent quelques fois des ébauches de rythmes. Björk est souvent seule avec ses propres clônes, dialogue avec elle-même et se masturbe l’esprit pour jouir enfin dans une envolée lyrique dont elle seule a le secret. Certains titres au contraire donnent l’impression que toute une foule antonne des mélodies en canon, en particulier le magistral Mouth's Cradle, certainement le titre le plus abouti de l’album. Et pourtant malgré la sensualité ambiante, on sent la timidité et la pudeur, rien n’est évident, tout est suggéré ; comme à son habitude Björk entretient le mystère et une certaine distance avec l’auditeur malgré toute la force qui se dégage de sa voix.

L’elfe d’Islande reste donc fidèle à elle-même et ne se trompe pas de recette pour donner vie à Medulla, un disque à la fois rassurant et surprenant qu’on ne peut que vous conseiller d’écouter au casque afin d’apprécier les mille subtilités qui explosent à chaque seconde. Björk a su marier expérimentation(s) et mélodies, dessinant un peu plus concrétement les contours de son univers magique et mystique. Les quelques featurings réservent également leur dose de surprises, en particulier celui avec Mike Patton (Fantômas, Mr. Bungle) qui ne manquera pas d’amuser vos oreilles tout comme le surprenant et dansant Triumph Of A Heart qui conclue de façon assez étonnante Medulla, une pièce maîtresse et donc incontournable dans la discographie de Björk.

note : 8.5

par johan, chronique publiée le 06-09-2004

A voir également :

http://www.bjork.com/

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Fabien : avis du rédacteur
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