.:.Chronique.:.

Pochette

Swod

Gehen

[City Centre Offices/La Baleine::2004]

|01 Intro|02 Fugitif 1|03 Nein|04 Gehen|05 Fugitif 2|06 Attends|07 Tucholskystr. 34|08 I Think He Was A Journalist|09 Hochbahn|10 Walz 57|

Swod est un duo composé par Oliver Doerell et Stephan Wöhrmann. Le premier, guitariste, bassiste et touche à tout électronique, le second, pianiste et batteur arrivent avec cet album à ouvrir de nouvelles portes. Je ne sais pas si ils ont un jour ou l’autre écouté des types comme Didier Squiban mais le jeu de Stephan Wörhrmann y ressemble à s’y méprendre. L’idée était ici de donner autour de ce jeu de piano une orchestration post-rockienne. On aurait pu émettre quelques doutes sur le concept mais force est de constater que la sauce arrive à prendre sans trop de peine. Un piano seul aurait donné une connotation assez intimiste aux compositions mais ici les traitements électroniques et les autres rajouts instrumentaux changent complètement la donne. La musique de Swod pourrait presque servir pour une bande son de film. L’univers de Swod est certes mélancolique mais il ne fait pas dans la sensiblerie de mauvais roman à l’eau de rose (comme si il pouvait en exister de bons). Il existe ainsi une profondeur et une beauté qui respire la bonne foi.

Ce disque c’est un peu la recherche du bonheur perdu. On sent celui-ci proche mais en même temps il reste inaccessible. A se demander si celui-ci existe vraiment ou s’il ne se matérialise qu’en de fugaces moments. En tout cas Swod a décidé de mener cette quête. D’où sans doute cette mélancolie persistante qui vous atteint avec une grâce déconcertante. Les esprits chagrins diront que cela ressemble à tous les pianistes solistes qui étalent leurs spleen comme E.Satie, W.Mertens, M.Nyman voire Y.Tiersen. Mais les habillages tantôt post-rock, tantôt électronica ferait plus rapprocher Swod à Labradford. Quoiqu’il en soit la musique de Swod touche en profondeur faisant montre d’une classe certaine et qui ne doit, finalement, rien à personne. Un disque solaire comme on les aime mais un solaire hivernal.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 09-08-2004

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