.:.Chronique.:.

Pochette

Isis

Oceanic Remixes Vol. 1

[Robotic Empire::2004]

|01 Ayal Naor - False Light (Carry Edit) |02 James Plotkin - The Other|03 The Oktopus (Dalek) - False Light (Deadverse Remix)|

Il y a deux ans sortait le troisième album d’Isis, Oceanic. Neuf titres de post-hardcore aérien, emmenés par la voix torturée d’Aaron Turner. Un disque déjà culte aux yeux de nombreux fans de musique sombre et cérébrale et qui a consacré Isis au rang de groupe incontournable de la scène hardcore américaine.

Et donc deux ans après cette sortie, le label Robotic Empire a pris l’initiative d’entretenir le mythe Oceanic et a fait appel aux services de quelques acteurs de la scène indépendante américaine pour remixer le son d’Isis. Quatre volumes, quatre vinyles transparents, chacun limité à 2500 exemplaires avec toujours le même artwork blanc et gris, seule l’étiquette au centre du disque change de couleur. On peut d’ailleurs reprocher à Robotic Empire une démarche plus que douteuse. Le packaging et l’artwork sont vraiment réduits au strict minimum : aucune protection pour le vinyle, pas le moindre insert, toutes les indications de base (tracklist, participants, etc) sont inscrites sur l’étiquette au centre du disque. La sobriété atteint son paroxysme et ce n'est pas forcément une bonne chose, le plus amusant c'est que Robotic Empire qualifie cette série comme étant « gloriously packaged », publicité mensongère ? A l'acheteur de trancher. Autre élément frustrant : cette vraie fausse édition limitée qui séduira peut-être les collectionneurs du dimanche mais certainement pas les vinyls-addicts. 2500 exemplaires c’est à la fois peu et beaucoup pour un groupe comme Isis qui a tout de même sorti une édition double vinyles d’Oceanic à quelques centaines de copies seulement. En gros cette série de remixes ne fait pas vraiment figure de rareté et il est assez aisé de se procurer l’un de ces disques, notamment sur eBay où des petits malins espéraient les vendre 50 $ mais le jeu de la concurrence leur a fait revoir leurs tarifs d'enc*lé à la baisse.

C’est donc avec de sérieux a priori qu’on pose cette jolie galette sur sa platine mais à la reflexion il n’y a pas de réelle crainte à avoir quant à la qualité musicale de ce premier volume puisqu’on a droit à un casting de choix ; les noms de Dalek, Khanate et 27 étant inscrits en gras sur le sticker vert bouteille. Le premier à se frotter aux joies du remix est un certain Ayal Naor, membre de 27, un groupe qui sort ces disques chez Hydrahead (pour ceux qui l’ignorent encore, Hydrahead est le label d’Aaron Turner, le chanteur guitariste d’Isis, et oui ça s’invente pas). Et ce monsieur Naor n’a peur de rien puisqu’il s’attaque au titre Carry, l’une des pièces maîtresses d’Oceanic ! Bon il faut dire qu’il ne prend pas beaucoup de risques puisqu’on reconnaît parfaitement le titre, l’accent ayant été porté davantage sur l’ambiance qui devient beaucoup plus grasse et oppressante qu’à l’origine. Aaron Turner se transforme du coup en ogre effrayant, les guitares deviennent enveloppantes et lugubres, bref c’est flippant et jouissif ! Le deuxième remix a été réalisé par un membre de Khanate, un groupe de barbares maniaco-dépressifs responsables de Things Viral, un album incroyablement malsain et difficile d'accès. Mais bizarrement ce remix est assez doux, pas inquiétant le moins du monde malgré une ambiance assez sombre, on dirait presque de l’electro minimaliste avec ces petits sons de guitare traffiquée qui font des boucles. De quoi conclure assez agréablement la face A du disque, et surtout de servir d’introduction pour le remix de Dalek qui occupe toute la face B. L’ambiance est donc toujours aussi calme même si les hurlements sur-mixés de Turner apportent cette légère touche expérimentale pas superflue, de même que cette rythmique basique qui nous rappelle que Dalek vient du monde du hip hop et qu’il est capable de remixer du gros son avec talent. Un titre sympathique mais pour une pièce maîtresse c’est peut-être un poil trop faiblard.

Au final, malgré quelques facilités et une absence de réelle surprise, ce premier volume de remixes se révèle plutôt satisfaisant et bien réalisé. Pas excessivement expérimental, plutôt orienté vers la facette la plus douce et aquatique d'Isis malgré ce premier titre assez énorme. Un disque qui mérite son prix… 10 €. Le second volume s’annonce quant à lui nettement plus evil, puisque Justin Broadrick de Godflesh s’amusera lui aussi à massacrer Oceanic et il y a fort à parier que la texture de sa mixture sera grasse et répugnante !

note : 7

par johan, chronique publiée le 23-07-2004

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