.:.Chronique.:.

Pochette

Chib

Moco

[Fat Cat/PIAS::2004]

|01 Chips|02 S|03 +|04 ((o))|05 Kimuchi|06 Hon|07 Soo|08 Long|

Yukiko Chiba avait déjà été repéré par Fat Cat en 2001 lorsqu’ils avaient sorti une compilation d’artistes inconnus (« No Watches, No Maps »). Depuis le label ne l’avait pas perdue de vue et sort à présent son premier album. Cette jeune japonaise nous offre avec « Moco » un court moment de beauté lunaire. Court effectivement puisque cet album ne dépasse même pas la demi-heure. Comme si ce disque ne constituait qu’un galop d’essai. Pourtant on découvre dans ce disque une personnalité bien affirmée. Chaque morceau nous apparaissent comme des tranches de vie de la jeune femme ou tout du moins comme la vision du monde qui l’entoure. De son propre aveu les sons qui furent récoltés pour ce disque sont le fruit de ses déambulations. « Moco » de part sa douce mélancolie nous donne une vision candide du monde, une naïveté quasi sereine et presque fragile.

Ce disque s’aborde avec tout le détachement possible. On entre dans monde ou l’irréel est pratiquement roi. La musique de Chib ne semble ne jamais toucher terre, en tout cas elle ne semble pas le vouloir. Une sorte de rêverie continue s’installe, sans crier gare, sans que l’on n’ait rien demandé. C’est sans doute la structure minimale et lente des morceaux qui laisse cette impression de doux spleen. Le monde pourrait finalement bien s’écrouler il n’est pas sur que l’on décroche aussi facilement de ce disque. Cette sensibilité nippone peut bien faire des envieux, il n’y a sans doute que eux qui savent allier ces petites mélodies doucereuses et naïves à une mélancolie froide. Il n’y a qu’à réentendre certaine bandes originales de certains mangas comme « Ghost In The Shell » pour retrouver une telle teneur. Chib s’inscrirait presque dans une sorte de tradition mélodique à la japonaise. De celle qui font ressortir toute l’humanité de la culture du pays du Soleil Levant. On peut alors regretter que ce premier album soit trop court. Suffisamment pour que l’on dise « encore ».

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-07-2004

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http://www.fat-cat.co.uk

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