.:.Chronique.:.

Pochette

Slavin, Ran

Product 02

[Cronica::2004]

|01 (Tropical Agent) Dirty Needles|02 If You Should|03 Search For Compassion|04 U Think U Know Who U Are|05 Silent Siren|06 Guitar String/Empty Streets|07 Triggers Of Violence|08 Desert Rain|09 Flat Tire At The Dead Sea|10 [Product Silence]|11 (Ears In Water) Vista Plain|12 Girl In Water|13 Untitled #1|14 Untitled #2|15 Piano|

Le label Cronica avait lancé l’année dernière le projet « Product » qui consistait à confronter les œuvres de deux artistes sur le même cd. Le premier volume avait mis face à face Sumugan Sivanesan et Duran Vazquez, disque j’avais chroniqué en son temps. Le deuxième volume ici présent mettra donc aux prises une œuvre de Ran Slavin intitulée « Tropical Agent » à une création de… Ran Slavin qui porte le doux nom de « Ears In Water ». Ran Slavin qui se fait face à lui même, comme dans un miroir. On pourra donc prendre ce disque comme un split-cd un peu spécial puisqu’il met en scène qu’un seul intervenant. Mais peut-être que le personnage vaut ce petit traitement de faveur.

« Tropical Agent » donne en tout cas toute la mesure des capacités de R.Slavin. Ce compositeur que l’on connaît sous bien des pseudos (Tonr, Extract, Aerial, Iran_Camp ou Rose Of Jericho) et qui est un vétéran des musiques improvisées et de rock expérimental nous montre ici l’étendu de son talent en mettant en forme des compositions électroniques minimales et flottantes qui apparaissent comme assez malléables et d’une accessibilité à toute épreuve. Certes les morceaux de cette première partie sont assez abstraites mais ils laissent une part belle à une beauté artistique qui n’ose pas dire son nom. Dans ce style si particulier il faut parfois lutter, faire un effort de l’esprit pour se rendre compte de la qualité d’une œuvre. Ici tout semble facile, évident, comme si la musique de R.Slavin tombait sous le sens. Rien que « Triggers Of Violence » pourrait résumer à merveille l’état d’esprit de Slavin. C’est beau et il n’y a rien à rajouter.

Pour « Ears In Water » on prend quasiment les même ingrédients et on recommence. Rien de neuf sous le soleil, donc ? Pas si sur. Ici R.Slavin pousse l’abstraction un peu plus loin, utilisant sur « Girl In Water » la voix monocorde et neutre de Lin Chazolin Dovrat en la hachant et en la triturant, en créant des ambiances plus glaciales, sans doute moins évidente, mais non moins intéressantes. En tout cas l’univers de R.Slavin ne reste pas figé, les deux œuvres se complémentant. La première est résolument plus ouverte, la seconde définitivement plus cérébrale, mais la base architecturale reste la même.

Ce « Product » est donc un bon cru, sans doute bien meilleur que l’édition précédente qui avait révélé des inégalités. Mais bon, ne crachons pas dans la soupe et profitons de l’instant présent.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 16-07-2004

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