.:.Chronique.:.

Pochette

Lone Pigeon

Schoozzzmmii

[Whizzkiddzz::2004]

L’Angleterre, où la contrée des âmes perdues ? On y trouve le personnage emblématique de ces fous chantant, Syd Barrett. Récemment, Tom Bauchop, aka Unpoc sortait le magnifique « fifth column », tout en psychédélisme de brocante, enregistré avec des moyens d’occasions, loin des symphonies en son surround de leur voisin américain The Flaming Lips ou Mercury Rev.

Ce mois ci, l’Angleterre nous envoie des nouvelles de Gordon Anderson, Lone Pigeon lorsqu’il sort des disques. Et comment va ce monsieur ? Dur à dire, les 16 plages ici présentes sont parfois de vrais chansons, couplet refrain etc. réglementaire de 3 min environ, ou juste de petits fragments, des lambeaux d’idées à priori très bonnes, des histoires instrumentales, des collages un peu bizarres.

Mais présentons Gordon Anderson : ce chanteur guitariste etc. fut un jour le leader d’un petit groupe répondant au nom de The Beta Band, le même que celui que l’on connaît aujourd’hui. Mais des visites fréquentes en maison de repos pour la tête le contraignirent à abandonner ce rôle. Il se mit alors à enregistrer à la maison ses comptines détraquées, s’accompagnant d’une guitare acoustique poussiéreuse, d’une autre électrique et rouillée, parfois d’un piano désaccordé, ajoutant ça et là des bandes préenregistrées, des rires… Et il ne faudrait pas le prendre pour un fou solitaire, Andersen étant bien entouré au sein de la structure Fence, label d’Edimbourg, fréquentant entre autre King Creosote, Unpoc et James Yorkston. Il a notamment participé à titre du « Moving Up Country » de ce dernier.

Quand est il de « Schoozzzmmii », successeur de « Concubine Rice », son premier album ? Comme expliqué avant, la notion d’album est à revoir, tant ces disques rassemblent des enregistrements au caractère hétérogène. De même, les chansons de « Schoozzzmmii » ont en fait été enregistrées avant « Concubine Rice ». Après tout qu’importe, tant ce génial bric à braque semble sans age précis, avec parfois des sonorités 60-70’ salie, Syd Barrett enregistrant « Smile » avec un Brian Wilson totalement ailleurs. Il semble assez dure de citer une chanson précise, mais retenons la dernière, « The Magic Mouse Of Mupping Keep », totalement barré et mélodiquement imparable, une bande son de fête foraine en ruine, avec un étrange orgue et des rires inquiétants en fin. Et de s’écrier les quarante minutes écoulées : vive les fous.

note : 8.5

par franck, chronique publiée le 02-07-2004

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