.:.Chronique.:.

Pochette

Minus

Halldor Laxness

[Victory Records::2003]

|01 Boys of winter|02 Who's hobo|03 Romantic exorcism|04 Angel in disguise|05 Flophouse Nightmares|06 Here comes the night|07 The long face|08 My name is cocaine|09 The ravers|10 I go vertigo|11 Insomniac|12 Last leaf upon the tree|

Ah l’Islande ! Ses groupes de pop expérimentale, ses geisers, son taux de consanguinité anormalement élevé… Un pays atypique, magique pour nous autres, pauvres Européens trop terre à terre. Bref, si l’Islande véhicule cette image de contrée reculée habitée par des elfes, cela n’empêche pas certains de ses habitants de s’inspirer d’autres groupes beaucoup plus occidentaux, voir même carrement hypes en Europe ou aux Etats-Unis.

Minus n’est rien d’autre qu’un bête copié-collé de Jr Ewing, le groupe de rock’n’roll emo norvégien qui fait un carton aux Etats-Unis et de l’autre côté du Rhin et qui est signé sur le label d’Omar Rodriguez, le gratteux chevelu de Mars Volta. On dit souvent que copier un groupe est le plus bel hommage qu’on puisse lui rendre, et c’est effectivement ce que font les petits gars de Minus. Ce Halldor Laxness est largement à la hauteur du Ride Paranoïa des Norvégiens fans de Dallas, on peut même dire qu’il est encore plus efficace. Les guitares sont explosives et balancent des riffs monstrueusement rock’n’roll, le batteur a au moins trois paires de bras et le chanteur mène tout ce joli bordel avec brio sans faiblir une seconde. Les cinq Islandais se permettent même des virages pop comme sur The Long Face mais l’envie de faire remuer du bassin est ouvertement revendiquée. On s’en prend plein la tronche, les riffs soniques fusent dans tous les sens et il est impossible de ne pas se laisser séduire par cette voix de rock-star. Mention spéciale au dernier titre, Last Leaf Upon The Tree, sorte de mixture post-rock/indie rock mélancolique et psychédelique emmenée par Katie Jane Garside, la chanteuse de Queen Adreena, de quoi conclure l’album en beauté.

Très bonne impression que ce Halldor Laxness qui est tout de même le troisième album de Minus (les premiers travaux du groupe évoluent plutôt dans les sphères du hardcore chaotique assez brutal). Allègrement pompés sur Jr Ewing, ces douze titres d’emo-rock’n’roll n’en sont pas moins diablement efficaces et vous feront à coup sur taper du pied. Sympathique quand on est à la recherche de quelque chose qui bouge sans fioriture.

note : 7

par johan, chronique publiée le 26-06-2004

p.s. : Le disque a été réédité cette année chez Sony Music avec un artwork différent.

A voir également :

http://www.minus.de.tt/

?>