.:.Chronique.:.

Pochette

Harvey, Pj

Uh Huh Her

[Island Records::2004]

|01 The life & death of mr. badmouth|02 Shame|03 Who the fuck?|04 Pocket knife|05 The letter|06 The slow drug|07 No child of mine|08 Cat on the wall|09 You come through|10 It's you|11 The end|12 The desperate kingdom of love|13 Seagulls|14 The darker days of me and him|

Polly Jean Harvey est de retour après presque quatre ans de silence. Tout le monde le sait, le visage de la Britannique s’affiche en première page des Inrocks et son nom squatte les affiches de nombreux festivals. Bref un septième album très attendu mais quand on sait que Polly ne supporte pas la pression suscitée par l’attente des fans au point d'angoisser avant la sortie de chaque nouvel album, on peut s’inquièter pour son état de santé actuel.

Que mademoiselle Harvey se rassure, l’attente en valait la peine et les fans seront une fois de plus conquis. La recette n’a effectivement pas beaucoup changé mais apporte sa dose de nouveautés. Des ambiances sensuelles, une voix suave, une guitare rauque et des rythmiques assurées par monsieur Robert Ellis qui suit la brune dépressive depuis ses débuts et qui a également produit ce Uh Huh Her. Un mot sur la production d'ailleurs, nettement plus brûlante que celle du précédent album, qui apporte un certain aspect live à cet opus. Polly se sent à l'aise sur ce disque fait maison, elle prend autant de plaisir à embrasser l'auditeur qu'à lui embraser les oreilles. La démarche est plus que jamais introspéctive mais les ambiances sont ici plus brumeuses, plus érotiques : Pj fait du blues, mais du blues à sa manière. Personne ne maîtrise aussi bien qu'elle l'art de noyer les mélodies et de destructurer les compositions, peu de chanteuses peuvent se vanter d'avoir un timbre de voix à la fois si fort et si fragile. Sa manière d'allier puissance masculine et délicatesse féminine est unique et son chant a énormement gagné en relief depuis ses derniers travaux. Elle se permet même des boucles psychédéliques comme sur Shame et installe des ambiances arabisantes et cotonneuses sur les titres les plus carressants. Pourtant la miss ne laisse pas de côté sa guitare acide, en témoigne le premier single, The Letter, de loin la composition la plus agitée de l’album, ou encore le titre introductif qui trompe l’auditeur sur la véritable nature de ce Uh Huh Her. Pj s’amuse avec les ambiances mais elle stabilise son jeu dans la deuxième moitié du disque où elle laisse transparaître d’avantage son plaisir que ses faiblesses. Il y a de l’optimisme chez cette femme et on aura dû attendre sept albums pour en avoir la confirmation.

Moins poli que le multi-récompensé Stories From The City, Stories From The Sea mais plus Polly que n’importe quel autre de ses albums, Uh Huh Her est sans doute le disque qui correspond le mieux à la personnalité de la Britannique. Un bel album, même si aucune réelle surprise ne soit au rendez-vous, on attend de voir le résultat sur scène !

note : 8

par johan, chronique publiée le 12-06-2004

A voir également :

http://www.pjharvey.net/

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